Palinodies

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Munichois ou matamore ? Le spectaculaire revirement de Donald Trump sur la crise syrienne suscite les plus grands doutes. Après avoir pris de facto le parti de Bachar al-Assad, le président américain juge ses actes insupportables et tance tout à coup son allié russe. Il évolue dans le bon sens, dira-t-on. Mais évolue-t-il ? Ou bien poursuit-il sa politique de la punchline, dans laquelle un tweet chasse l’autre sans la moindre cohérence ? Ces palinodies ne doivent pas, en tout cas, faire oublier les responsabilités écrasantes de ceux qui ont avec constance joué les supplétifs du dictateur syrien. «Il faut parler avec Al-Assad et Poutine», répète encore une fois François Fillon, ce qui se fait depuis des années sans aucun résultat. Le premier continue à massacrer sans ciller tandis que le second bloque sept fois de suite à l’ONU les résolutions destinées à faire pression sur Damas. Marine Le Pen soutient ouvertement un criminel de guerre en arguant de la nécessaire lutte contre Daech. Mais chacun sait que le maintien d’Al-Assad au pouvoir a favorisé les sanglantes menées de l’organisation terroriste. Quant à Jean-Luc Mélenchon, il se retranche courageusement derrière une soi-disant incertitude sur les coupables, alors même que les preuves de la responsabilité du régime commencent à affluer. Tartufferie sonore… Depuis que Barack Obama a laissé franchir la ligne rouge qu’il avait lui-même tracée, les moyens de pression sur Bachar Al-Assad se sont amenuisés. Cohérente, raisonnable, la volonté française de trouver une solution politique à Damas se heurte à l’imbroglio géopolitique de la région, à l’ambition russe et à l’abstention américaine. Intervenir en Syrie ? Personne n’y songe sérieusement. Mais faute de ne pouvoir tout faire, on ne fait rien. Le retour en force des logiques purement nationales désigne à coup sûr une victime : le peuple syrien.

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