Les Palestiniens remettent aux Américains la balle qui a tué la journaliste Shireen Abu Akleh

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© Raneen Sawafta / Reuters
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L'Autorité palestinienne a remis aux Américains la balle ayant tué en mai la journaliste américano-palestinienne Shireen Abu Akleh, reporter vedette de la chaîne Al Jazeera, a indiqué samedi 2 juillet le procureur palestinien à l'AFP. Cela pour la réalisation d'une expertise. Alors que le Haut-commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a conclu que la journaliste avait été tuée par un tir israélien, l’État hébreu continue à rejeter les accusations.

Le procureur Akram Al-Khatib a indiqué que la balle fatale à Shireen Abu Akleh, tuée le 11 mai en couvrant une opération militaire israélienne à Jénine, en Cisjordanie occupée, avait été remise aux États-Unis. Le procureur a répondu par un « oui » à la question de savoir si la balle avait été remise aux Américains. Il a ajouté que ces derniers s'étaient engagés à la rendre aux Palestiniens.

Une expertise israélienne

Cependant, ce sont des experts israéliens et non américains qui vont examiner la balle ayant tué en mai la journaliste américano-palestinienne Shireen Abu Akleh afin de déterminer les circonstances de sa mort, a affirmé, dimanche, l'armée israélienne. « Le test ne sera pas américain, le test sera un test israélien avec une présence américaine », a déclaré le porte-parole militaire Ran Kochav au micro de la radio de l'armée.

L'Autorité palestinienne n'a pas commenté officiellement dans l'immédiat ces déclarations israéliennes mais un responsable palestinien a indiqué à l'AFP sous le couvert de l'anonymat qu'elles soulevaient des questions quant à savoir si l'on pouvait « faire confiance aux Américains ». Des sources palestiniennes à Ramallah, siège de l'Autorité palestinienne en Cisjordanie, avaient pourtant affirmé samedi que l'expertise serait menée à l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem par des experts américains.

Deux semaines avant la visite de Biden

Ces derniers développements interviennent moins de deux semaines avant la visite du président américain Joe Biden en Israël et en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, dans le cadre de sa première tournée au Moyen-Orient depuis son accession à la Maison Blanche.

L'Autorité palestinienne, Al Jazeera et le Qatar, pays finançant Al Jazeera, ont accusé, immédiatement après sa mort, l'armée israélienne d'avoir tué la journaliste palestinienne, qui détenait également la nationalité américaine.

Et le 24 juin, le Haut-commissariat de l'ONU aux droits de l’homme a conclu que la journaliste avait été tuée par un tir israélien. « Toutes les informations que nous avons recueillies -y compris de l'armée israélienne et du procureur général palestinien- corroborent le fait que les tirs qui ont tué Mme Abu Akleh et blessé son collègue Ali Sammoudi provenaient des forces israéliennes et non de tirs indiscriminés de palestiniens armés comme l'affirmaient initialement les autorités israéliennes », a déclaré le 24 juin une porte-parole du Haut-commissariat Ravina Shamdasani.

Mais Israël a rejeté les accusations de l'ONU, le ministre de la Défense Benny Gantz évoquant une enquête « sans fondement ». L'armée israélienne ne cesse de dire qu'il est « impossible de déterminer si (la journaliste) a été tuée par un homme armé palestinien tirant aveuglément dans le secteur où elle se trouvait, ou par inadvertance par un soldat israélien ».

Les Palestiniens demandent à Israël de rendre l’arme du tir

Elle a en outre appelé maintes fois l'Autorité palestinienne à lui remettre la balle fatale, seul moyen selon les militaires israéliens de réellement déterminer qui a tiré. Mais les Palestiniens ont refusé et plutôt demandé aux Israéliens de leur remettre l'arme suspecte.

Ces dernières semaines, des enquêtes journalistiques ont aussi pointé en direction de l'armée israélienne. La journaliste portait une veste pare-balles sur laquelle était inscrit le mot « presse » et un casque de protection lorsqu'elle a été atteinte d'une balle juste sous la coupe de son casque.

Elle se trouvait aux abords du camp de réfugiés de Jénine, bastion des factions armées palestiniennes où les forces israéliennes menaient un raid à la recherche de suspects après des attentats meurtriers en Israël.

(avec AFP)

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