Les Palestiniens à la peine face à la stratégie de normalisation diplomatique israélienne

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Alors que le Soudan est le troisième pays arabe en un peu plus de deux mois à ouvrir la voie à l'établissement de relations diplomatiques avec Israël, la direction palestinienne semble avoir du mal à trouver une stratégie pour contrer ce mouvement.

Avec notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil

Lorsque les Émirats arabes unis avaient annoncé leur accord avec Israël à la mi-août, la direction palestinienne avait dénoncé une « trahison de Jérusalem et de la cause palestinienne », mettant en avant le sort de la troisième ville sainte de l'Islam. Cette fois-ci, la réaction palestinienne a été moins virulente. Dans un communiqué, la présidence dit « condamner » et « rejeter » cette normalisation, jugeant qu'une « paix juste (...) doit conduire à la fin de l'occupation israélienne ».

Avec cette condamnation, la direction palestinienne rappelle sa position mais se garde de critiques trop directes envers le Soudan. À ses yeux, le régime de Khartoum, qui s'est gardé de tout enthousiasme vendredi, a été contraint à cette reconnaissance d'Israël par l'administration Trump en échange du retrait du Soudan de la liste des États soutenant le terrorisme.

Désarroi

Mais cette condamnation moins ferme traduit aussi le désarroi des dirigeants palestiniens. En un peu plus de deux mois, trois pays, fortement encouragés par l’administration Trump, se sont détournés des décisions de la Ligue arabe. Ces évolutions ont été saluées par d'autres États de la région. Et jusqu'à présent, les Palestiniens n'ont même pas obtenu que l'organisation régionale se réunisse pour débattre de cette nouvelle donne.

Désormais, la direction palestinienne attend l'issue des élections américaines. Elle place ses espoirs dans une alternance à la Maison blanche : à ses yeux, une administration Biden serait plus encline à reprendre un processus de paix sur les bases d'une négociation et non de ce qu'elle juge être une tentative d'imposition de nouveaux paramètres. Mais le Premier ministre Mohamed Shtayyeh estimait cette semaine qu'en cas de réélection de Donald Trump, « il faudra que Dieu nous vienne en aide ».