Pakistan : les températures atteignent le seuil fatal pour la santé humaine

A l'ombre des arbres des parcs publics, chacun tente de se rafraîchir comme il le peut à Karachi, au Pakistan. Le pays subit actuellement une vague de chaleur record attribuée au changement climatique, selon les experts.

Dans la capitale économique, ni la population, ni l'architecture de la ville ne sont adaptées pour y faire face. La situation devrait se dégrader davantage encore au cours des prochains jours avec des températures qui pourraient atteindre les 50 degrés par endroits, comme l'explique Sardar Sarfaraz, météorologue : "On craint des décès lorsque l'indice de chaleur monte en flèche en même temps que le taux d'humidité relative. Lorsque la température est supérieure à 40 degrés Celsius, en particulier si elle monte à 43 ou 44° et si en plus il y a 50 à 60 pour cent d'humidité, alors l'indice de chaleur augmente et provoque des décès. Il fait très chaud ces jours-ci dans la partie supérieure du Sind et dans le sud et le centre du Pendjab. Dans certains endroits, la température est de 45 ou 46, voire 48°. Dans les jours à venir, elle pourrait même atteindre 50°."

Lorsque la température est supérieure à 40 degrés Celsius, en particulier si elle monte à 43 ou 44° et si en plus il y a 50 à 60 pour cent d'humidité, alors l'indice de chaleur augmente et provoque des décès.

Cette semaine, des scientifiques de l'Imperial College de Londres ont affirmé dans un rapport que toutes les canicules dans le monde sont aujourd'hui plus fortes et qu'elles ont plus de probabilité de se produire en raison du changement climatique provoqué par les humains. Les experts ont par exemple estimé que l'épisode de canicule extraordinaire qui avait frappé l'Amérique du Nord en juin 2021, avec un record de 49,6°C au Canada, aurait été "presque impossible" sans le réchauffement.

Une solution : implanter des forêts urbaines

La vague de chaleur de ce printemps en Inde et au Pakistan est encore en train d'être analysée mais "ce que nous voyons maintenant sera normal, voire froid, dans un monde entre +2° et +3°C", estime Friederike Otto, l'une des autrices du rapport.

A Karachi, des écologistes appellent à multiplier la création d'espaces verts et de forêts urbaines pour tenter d'atténuer la chaleur, comme l'explique Masood Lohar directeur de la forêt urbaine de Clifton : "Toutes les villes devraient avoir non seulement des forêts urbaines mais aussi des zones humides urbaines. Il n'est pas difficile de créer des zones humides, des petits lacs, des lacs artificiels qui rafraîchiront les environs et amélioreront l'écologie. C'est le seul moyen de prévenir les vagues de chaleur et nous devons le faire immédiatement."

Selon l'ONG Germanwatch, le Pakistan figure en 8e position des pays les plus menacés par les phénomènes météorologiques extrêmes. Le weekend dernier, un pont de la vallée de Hunza au Pakistan céder sous l'effet d'une crue engendrée par la rupture d'un glacier à cause de la canicule.

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