Pakistan: des «négligences» à l'origine du crash aérien à Karachi

Plus d’un mois après le crash d’un A320 de la compagnie Pakistan International Airlines dans le sud du Pakistan, qui a fait 97 morts sur les 99 personnes à bord, les conclusions du rapport préliminaire sont formelles : le crash est dû à la « négligence » des pilotes et des contrôleurs aériens et non pas à des problèmes techniques. Lors d’une conférence de presse ce mercredi 24 juin, le ministre pakistanais de l’Aviation évoque un « excès de confiance » dans les airs comme au sol.

Avec notre correspondante à Islamabad, Sonia Ghezali

Le pilote et le copilote n’étaient pas concentrés alors que l’avion était en phase d’atterrissage, découvre-t-on dans ce rapport préliminaire. « Ils ont parlé du corona. Le virus était dans leur esprit, leur famille était touchée et ils en discutaient », a expliqué le ministre pakistanais de l’Aviation. On apprend également que les deux hommes ont ignoré les recommandations de la tour de contrôle.

Lorsqu’ils tentent de se poser sur la piste, le train d’atterrissage de l’avion est rentré. Les moteurs heurtent le sol à plusieurs reprises avant que l’avion ne redécolle. Un incendie se déclare alors dans les réacteurs. Mais la tour de contrôle n’en informe pas les pilotes. L’Airbus A320 finira sa course sur les habitations d’un quartier proche de l’aéroport de Karachi.

40% des pilotes ont une fausse licence

Négligence et excès de confiance sont donc à l’origine du crash survenu le 22 mai dernier. C’est ce que révèlent les boîtes noires de l’A320 de la PIA.

Le drame de Karachi s’est ajouté à une longue liste d’accidents d’avions au Pakistan. Raison pour laquelle les autorités ont entamé une enquête plus large sur le secteur avec des conclusions édifiantes. Elle révèle que 40% des pilotes pakistanais ont de fausses licences.