Pakistan : le mandat d'arrêt contre l'ex-Premier ministre Khan suspendu

Le mandat d'arrêt visant l'ancien Premier ministre pakistanais Imran Khan a été suspendu, ont annoncé ses avocats vendredi, ouvrant la voie à la fin du blocus de sa résidence qui a donné lieu à des affrontements sanglants entre ses partisans et la police en début de semaine.

Renversé en avril 2022 par une motion de censure, Imran Khan est empêtré dans des dizaines d'affaires juridiques alors qu'il fait campagne pour des élections anticipées afin de revenir au pouvoir.

Le mandat d'arrêt fait suite à sa non-comparution devant un tribunal d'Islamabad samedi pour répondre aux accusations selon lesquelles il n'aurait pas déclaré l'ensemble des cadeaux diplomatiques reçus pendant son mandat et aurait gagné de l'argent en en revendant certains, ce qu'il nie.

Les tentatives de la police pour arrêter l'ancienne star de cricket de 70 ans ont conduit à des affrontements avec ses partisans rassemblés devant sa résidence cette semaine, dans la ville de Lahore à l'est du pays.

"La Haute Cour d'Islamabad a suspendu le mandat d'arrêt", a déclaré à l'AFP Faisal Chaudhry, un des avocats de Khan.

"Imran comparaîtra demain devant le tribunal", a-t-il ajouté.

Après la levée du mandat, M. Khan a quitté son domicile pour la première fois depuis plusieurs jours afin de comparaître devant un tribunal de Lahore suite aux affrontements de cette semaine.

Des dizaines de ses partisans se sont rués sur son convoi, l'acclamant et agitant des drapeaux de son parti, le Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI).

Dans la nuit de mardi à mercredi, la police a affronté à plusieurs reprises les partisans du PTI dans la banlieue cossue de Zaman Park à Lahore, tirant des gaz lacrymogènes et esquivant les pierres lancées par la foule en colère.

Depuis, les partisans de M. Khan montent la garde devant sa résidence, craignant que la police ne revienne pour l'arrêter.

M. Khan dit craindre pour sa vie en cas d'emprisonnement et accuse les autorités de vouloir l'empêcher de se présenter aux élections qui doivent avoir lieu d'ici octobre.

"Nous avons de sérieux doutes quant à sa sécurité", a déclaré vendredi Shibli Faraz, le chef de cabinet de M. Khan.

En novembre, il avait été blessé par balle à la jambe lors d'un rassemblement politique. Une tentative d'assassinat qu'il a attribué à son successeur Shehbaz Sharif.

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