Pacte vert pour l'Europe : "L’extrême droite n’a pas de pouvoir de blocage sur la décarbonation de l'économie"

La stabilité politique du nouveau Parlement européen élu le 9 juin 2024 ne devrait pas remettre en cause les principales dispositions du Pacte vert décidé par la Commission présidée par Ursula von der Layen. Mais la question agricole devrait continuer à être fortement débattue. Entretien avec Sébastien Treyer, directeur de l'Iddri.

Que va devenir le Pacte vert ("Green deal" en anglais) lors de la prochaine législature du Parlement européen ? Lors de la campagne des élections européennes, cet ensemble de politiques recouvrant la décarbonation de l’industrie, les énergies, la lutte contre le changement climatique, l’agriculture et l’alimentation et la protection de la biodiversité, a été beaucoup critiqué, notamment par la droite et l’extrême droite de l’échiquier politique.

Quels vont être les débats qui vont animer les cinq prochaines années du Parlement de Strasbourg ? Le directeur de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), Sébastien Treyer, répond.

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Quels sont les équilibres politiques du Parlement européen pour cette nouvelle législature ?

Sébastien Treyer : La composition du Parlement européen garde globalement les mêmes équilibres politiques. Le Parti populaire européen (PPE) reste dominant et conforte même ses positions en gagnant une dizaine de députés. Les conservateurs de la CDU allemande constituent le premier groupe national de ce PPE. Les socio-démocrates perdent quelques sièges mais limitent leur recul. Le groupe centriste Renew en revanche pourrait ne pas conserver sa troisième place, à la faveur du groupe d’extrême droite Conservateurs et réformistes européens (CRE). Cela dépend des transactions en cours entre partis européens.

Par conséquent, PPE, socio-démocrates et Renew forment la même majorité que dans la précédente législature. L’extrême droite, comprenant CRE et le groupe Identité et démocratie (ID, où siège le Rassemblement national), représente un quart des 705 eurodéputés mais elle n’a pas de pouvoir de blocage de l’institution. Les Verts ont par ailleurs perdu beaucoup de leur influence en passant de 72 à 53 députés.

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