Paca: réélu, Renaud Muselier (LR) prive le RN d'une première région

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En ballotage défavorable à l'issue du premier tour, Renaud Muselier, président LR sortant en Provence-Alpes-Côte-d'Azur, a finalement conservé son fauteuil, privant d'une première région le Rassemblement national et sa tête de liste Thierry Mariani, un ancien Républicain, selon les premières estimations.

"J'ai gagné, nous avons gagné", "la logique d'unité" a "démenti tous les pronostics", a déclaré le président des Régions de France, insistant sur cette "logique de rassemblement" qu'il avait engagée dès avant le premier tour en incluant notamment des Marcheurs sur sa liste, provoquant au passage un véritable psychodrame dans son parti.

Remerciant les Républicains, sa "famille politique", dans son QG de la Joliette, face au port, M. Muselier a aussi salué "les membres de la majorité présidentielle" qui lui ont "tendu la main".

Devancé de 4,5 points par l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy au premier tour (36,4% contre 31,9%), Renaud Muselier a largement refait son retard pour finalement s'imposer de plus de 14 points, avec 56,8% à 57,7% des suffrages selon les chiffres des différents instituts de sondage pour la région Paca.

Après Jean-Marie Le Pen, candidat par trois fois du Front national dans la région (en 1992, 1998 et 2010), puis sa petite-fille, Marion Maréchal-Le Pen, en 2015, c'est donc Thierry Mariani qui a échoué cette fois à gagner la région pour le parti désormais dirigé par Marine Le Pen, la fille du fondateur du mouvement.

Si l'abstention, estimée autour de 64%, a reculé légèrement entre les deux tours, elle est restée beaucoup plus forte qu'au second tour des régionales de 2015 (39,7%), lors desquelles le duel final avait déjà opposé la droite à l'extrême droite, avec Christian Estrosi face à Marion Maréchal-Le Pen.

La victoire de Renaud Muselier serait même plus large que celle du maire de Nice, à qui il avait succédé dans le fauteuil de président de région en mai 2017.

- "Giron de la République" -

M. Estrosi, distancé de 14 points au premier tour, avait déjà fait une impressionnante "remontada", faisant plus que doubler son score entre les deux tours, avec quelque 600.000 voix supplémentaires, pour finalement s'imposer de près de 10 points (54,8% contre 45,2%).

Comme en 2015, la liste de gauche, qualifiée pour le second tour, a finalement fait le choix cette année aussi de se retirer en Paca pour faire barrage à l'extrême droite. Et les 195.000 électeurs de Jean-Laurent Félizia (16,9%), chef de file écologiste du Rassemblement écologique et social, ont visiblement imité -- au moins en partie-- ceux de Christophe Castaner, alors socialiste, en 2015, en étant nombreux à opter pour "le front républicain" au second tour.

"La région Provence-Alpes-Côte d’Azur reste dans le giron de la République. Je m’en félicite, et souhaite bonne chance à son Président",a salué sur Twitter le maire PS de Marseille Benoît Payan.

"C'est l'accord (...) passé avec la majorité présidentielle qui permet que cette magnifique région #paca ne soit pas gouvernée par le RN", a estimé de son côté Thierry Solère, ex-LR devenu député LREM et conseiller du président Emmanuel Macron, également sur Twitter.

Seul président de région sortant à ne pas avoir terminé en tête au premier tour, Renaud Muselier avait reçu entre les deux tours le soutien de nombreuses personnalités, de l'ancien président LR Nicolas Sarkozy à son successeur socialiste François Hollande, en passant par Bernard Tapie, ministre de la Ville de François Mitterrand et actionnaire majoritaire du quotidien régional La Provence.

Même Eric Ciotti, le député LR des Alpes-Maritimes, qui avait pourtant demandé que le parti lui retire son soutien après son alliance avec les Marcheurs dès le premier tour, avait finalement appelé à voter en sa faveur.

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