En Paca, Muselier prive le RN d'une région avec une victoire confortable

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En ballotage défavorable, Renaud Muselier, président LR sortant en Provence-Alpes-Côte d'Azur, a finalement privé le Rassemblement national de la seule région de France que le parti d'extrême droite semblait pouvoir emporter.

Après Jean-Marie Le Pen, candidat par trois fois du Front national dans la région (en 1992, 1998 et 2010), puis sa petite-fille, Marion Maréchal-Le Pen, en 2015, c'est Thierry Mariani, ancien Républicain et ex-ministre de Nicolas Sarkozy, qui n'est pas parvenu cette fois-ci à gagner la région pour le parti désormais dirigé par Marine Le Pen, la fille du fondateur du mouvement.

Devancé de 4,5 points au premier tour par le député européen RN (36,4% contre 31,9%), Renaud Muselier a largement refait son retard pour finalement s'imposer de plus de 14 points, avec 56,8% à 57,7% des suffrages selon les estimations des différents instituts de sondage pour la région Paca.

"J'ai gagné, nous avons gagné", "la logique d'unité" a "démenti tous les pronostics", a déclaré le président des Régions de France, insistant sur la "logique de rassemblement" qu'il avait engagée dès avant le premier tour en incluant notamment des Marcheurs sur sa liste.

Dans son QG de la Joliette, face au port, M. Muselier a ainsi salué "les membres de la majorité présidentielle" qui lui ont "tendu la main dès le début de la campagne": "Il n'y a aucune expérience politique, juste une addition de compétences. (...) Dans la vie, il faut avoir une colonne vertébrale et il faut savoir additionner", a-t-il insisté, écartant l'idée que sa liste soit l'indice d'une "recomposition politique" entre Républicains et Marcheurs, comme l'avait avancé le Premier ministre Jean Castex début mai, provoquant un véritable psychodrame au sein de l'état-major LR.

Devant ses supporters abattus, également à Marseille, son adversaire Thierry Mariani a lui dénoncé la victoire de M. Muselier comme celle de tout "un système coalisé".

- "Une bataille inégale" -

Estimant avoir livré "une bataille inégale", le député européen RN a souligné que "les trois derniers présidents de la République (avaient) volé au secours" de son adversaire et accusé les médias d'avoir "parfois dérogé aux règles de la plus élémentaire déontologie": "C'est une défaite pour la démocratie et l'expression de la volonté populaire".

Seul président de région sortant à ne pas avoir terminé en tête au premier tour, Renaud Muselier avait reçu entre les deux tours le soutien de nombreuses personnalités, de l'ancien président LR Nicolas Sarkozy à son successeur socialiste François Hollande en passant par Bernard Tapie, ministre de la Ville de François Mitterrand et actionnaire majoritaire du quotidien régional La Provence.

Même Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, qui avait demandé que le parti lui retire son soutien après son alliance avec les Marcheurs, avait finalement appelé à voter en sa faveur.

Si l'abstention, estimée autour de 64%, a reculé légèrement entre les deux tours, elle est restée beaucoup plus forte qu'au second tour des régionales de 2015 (39,7%) qui avait déjà donné lieu à un duel droite-extrême droite, avec Christian Estrosi face à Marion Maréchal-Le Pen.

Au final la victoire de Renaud Muselier serait même plus large que celle du maire de Nice, à qui il avait succédé dans le fauteuil de président de région en mai 2017: M. Estrosi, distancé de 14 points au premier tour, avait fait une impressionnante "remontada", faisant plus que doubler son score entre les deux tours, avec quelque 600.000 voix supplémentaires, pour finalement s'imposer de près de dix points (54,8% contre 45,2%).

Comme en 2015, la liste de gauche, qualifiée pour le second tour, a finalement fait le choix cette année aussi de se retirer pour faire barrage à l'extrême droite. Et les 195.000 électeurs de Jean-Laurent Félizia (16,9%), chef de file écologiste du Rassemblement écologique et social, ont visiblement imité -- au moins en partie-- ceux de Christophe Castaner, alors socialiste, en 2015, en optant pour "le front républicain" au second tour.

"La région Provence-Alpes-Côte d’Azur reste dans le giron de la République. Je m'en félicite et souhaite bonne chance à son Président", a salué sur Twitter le maire PS de Marseille Benoît Payan.

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