<p>Hors-série "Mitterrand intime"</p> - À chacun sa liberté, le pacte de Danielle et François Mitterrand

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Ça serait un film. À épisodes, à sketchs, avec un réalisateur différent pour chaque époque. Ça porterait un nom simple, « Danielle et François », et ça commencerait en sépia, façon Lelouch, avec un homme énigmatique, en feutre mou et costume rayé, la trentaine, très brun, fine moustache, qui pousse la porte de chez Lipp. Pour une fois, il est à l’heure. Il a cette expression indéfinissable, faite à la fois de défi et de tristesse, de ceux qui ne se pardonnent pas d’avoir trop donné à un premier amour. La porte se referme sur lui, sur les bruits de bottes, les panneaux indicateurs en lettres gothiques, les gazogènes, la Gestapo qui rôde. On est fin mai 1944, et tout le monde se demande si on se sortira jamais de cet enfer-là.

L’homme s’approche d’une table où des amis l’attendent pour rejoindre le reste du groupe, rue Dupin. Mais un compagnon manque au rendez-vous. Dix minutes plus tard, il n’est toujours pas là. Pris d’une subite intuition, l’homme au feutre et à la fine moustache se lève et va téléphoner. Il est méfiant, tendu, avec ce masque sous lequel, déjà, il fige ses émotions. Une voix inconnue lui répond, qui prononce un prénom tout aussi inconnu, François Mitterrand raccroche immédiatement Il a compris: la rue Dupin est une souricière, il n’a plus qu’à disparaître. Puis, dans sa traque, il se met à calculer. Rue Dupin, il a laissé quelques documents particulièrement dangereux. Sa correspondance, mais surtout une photo. Une photo de lui, avec une femme. Une jeune fille, plutôt, 19 ans, « la fille aux yeux de chat », comme il l’appelle : Danielle Gouze, dont les parents sont résistants et qui, elle-même, depuis quelques mois, s’est illustrée dans les maquis de Bourgogne en portant des messages, en soignant(...)


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