<p>Hors-série "SOS Animaux"</p> - "Les requins sont aussi maladroits que puissants et ratent leur proie neuf fois sur dix"

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Le biologiste Laurent Ballesta a plongé au milieu des requins pendant leur festin dans la passe Sud de Fakarava... Découvrez notre hors-série « SOS Animaux », 100 pages de photos et de reportages exclusifs consacrées à la sauvegarde des animaux, en vente à partir du jeudi 10 décembre chez votre marchand de journaux...

Enragés, excités par la faim, taillés et véloces comme des torpilles, quarante squales encerclent de petites proies terrorisées mais tenaces. Dans la nuit épaisse, un festin bestial se prépare à coups de charges foudroyantes. Chaque assaut des tueurs est terrifiant. Leur sensibilité aiguë aux champs électriques leur permet de ressentir les battements de cœur d’une cible cachée sous le sable. Leur odorat fin et délicat détecte une goutte de sang, parmi un million d’autres particules, à des kilomètres à la ronde. Entre les murs géants de corail, cette tornade mortelle qui compte en tout 700 bêtes musculeuses et lourdes s’abat furieusement sur le banc de poissons paniqués. Aucune chance de leur échapper. Soudain, une mâchoire surpuissante, acérée et garnie de crocs, déchiquette la chair d’un poisson-licorne avant de le dévorer. Un spectacle de prédation rarissime auquel a assisté Laurent Ballesta, biologiste et photographe sous-marin multirécompensé. Il croise le regard de l’animal repu, les gencives encore retroussées. L’œil est rond, noir, froid.

Pendant quatre ans, l’explorateur scientifique a côtoyé ce mystérieux et subjuguant fauve marin. Il s’est frotté aux meutes de requins polynésiens dans une passe minuscule, une ouverture vers l’océan Pacifique dans l’atoll de Fakarava, au milieu des eaux claires et des bourrasques chaudes de la Polynésie française. Un privilège immense, à trois heures trente de bateau de la passe nord et à 30 mètres de profondeur. Le plongeur et son équipe se sont invités au plus grand banquet jamais vu de requins gris. C’est la première fois que des hommes observent de près ce phénomène unique et le photographient. Chaque année, lors de la pleine lune de juin, près d’un millier de convives(...)


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