<p>Exclusif</p> - Enlevé en Haïti, le Père Michel confie: "J'ai parlé de Gandhi à mes ravisseurs"

·2 min de lecture

Paris Match a rencontré en exclusivité le père Michel. Enlevé début avril avec neuf autres personnes près de Port-au-Prince, en Haïti, le missionnaire breton a été libéré le 30 avril dernier.

A Port-au-Prince, on compte une dizaine d’enlèvements tous les jours. Les gangs pullulent. L’insécurité touche tout le monde, riches, pauvres, laïcs, religieux. Les dimanches, les rues sont vides et les risques de kidnappings beaucoup plus élevés qu’en semaine pour ceux qui s’y aventurent. Les proies ne peuvent plus se dissimuler dans la foule. Il faut rouler à moto et à tombeaux ouverts pour retrouver le Père Michel Briand, 67 ans, missionnaire de la Société des prêtres de Saint-Jacques, libéré vendredi avec la religieuse française Agnès Bordeau et quatre autres pères haïtiens après 20 jours de captivité aux mains du gang des 400 Mawozo. Ce breton natif de Rennes vit depuis 36 ans en Haïti. Il nous accueille avec un sourire doux dans une cour, près d’un flamboyant en fleurs. Il vient de sortir de l’hôpital après une visite de contrôle. « Tout va bien. Je manque juste de vitamine B9 et B12 ». Silhouette longiligne, visage émacié (il a perdu 6 kilos pendant sa captivité), barbe et cheveux longs, jeans, sandales et sac-banane autour des hanches, il raconte sa mésaventure d’une voix égale, précise. Chaque détail compte.

Le 11 avril dernier, à 7h30 du matin, le père Michel accompagne un jeune prêtre qui vient d’être nommé à la tête d’une paroisse dans l’est du pays, près de la frontière avec la République Dominicaine. Dans un Land Cruiser ont pris place le nouveau prêtre, sa sœur, sa mère, son parrain et cinq religieux dont Michel et Agnès, tous venus pour l’épauler. Soudain, près de la commune de Ganthier, une camionnette devant eux roule en marche arrière à toute vitesse. « Il est dingue celui-là », crie le père Evans au volant du Land Cruiser. « On n’a pas compris ce que cela signifiait », commente le père Michel.(...)


Lire la suite sur Paris Match