<p>chronique "L'air du temps"</p> - Ces ministres qui battent la campagne

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Les ministres en campagne pour les élections régionales.

Au fond, c’est rassurant, les ministres sont des gens normaux. Ils ont des chauffeurs, on leur déroule le tapis rouge et on leur tend des micros, mais, passé les plaisirs du protocole, ils s’ennuient comme tout le monde. Le travail, ça va un moment. Personne n’a éternellement du temps à perdre avec les choses sérieuses. Eux pas plus que les autres. Faites-leur confiance : dès qu’une récréation se présente, eux aussi sautent sur elle. On les dirait toujours prêts à partir en promenade pour échapper à leurs dossiers. N’importe quel mur est bon pour les plantes grimpantes.

On avait eu le cas l’an dernier avec Agnès Buzyn. On aurait pu croire que le Covid réclamait tous ses soins. La pire épidémie depuis 1918 ! Le ministère de la Santé ne savait plus où donner de la tête. Pas elle. Du ton le plus velouté, elle nous rassurait. Parfois sa voix un peu voilée se troublait. On aurait dit qu’elle allait pleurer. Mais non, fausse alerte : tout était sous contrôle, les masques étaient inutiles, fermer les frontières ne rimait à rien… À l’entendre, les bonnes nouvelles coulaient comme l’eau de source. Du coup, légère comme l’alouette, avec une grâce de papillon, elle est partie battre des ailes dans les rues voisines et faire campagne pour les municipales. À croire qu’elle craignait d’attraper une appendicite à force de rester assise. À l’arrivée, elle avait un peu l’air d’un carré Hermès froissé. Elle n’a même pas décroché un siège au conseil de Paris.

Ces jours-ci, c'est le garde des Sceaux qui part à la chasse

On pourrait penser que la leçon a porté. Erreur : ces jours-ci, c’est le garde des Sceaux qui part à la chasse. Juste au moment où la France se demande si elle ne souffre pas autant de la justice que des délits. Si vous(...)


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