<p>Dans les archives de Match</p> - Georges Kiejman, les mille vies d’un ténor du barreau

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Ses plaidoiries fulgurantes l’ont rendu célèbre, comme ses amitiés dans le monde politique et culturel. D’une enfance miséreuse aux ors de la République, ce fils de déporté juif polonais a connu un formidable destin. Pour la première fois, celui qui fut le fidèle compagnon de Mendès France et de François Mitterrand tombe son « armure d’ironie ». Et se livre dans « L’homme qui voulait être aimé » (éd. Grasset). L’occasion pour l’avocat Richard Malka de confier à Paris Match tout ce qu’il doit à son père spirituel.

Il y a des moments cruciaux dans chaque existence. Un choix à effectuer qui déterminera le reste de votre vie. La décision prise et vous voilà engagé sur un chemin sans retour. Les autres parcours disparaissent immédiatement dans des univers parallèles. Faites le bon choix et vous ressentirez la certitude animale de vous trouver là où vous devez, pas forcément dans la simplicité ou le bonheur, mais au moins sans un soupçon de regret. Je dois à Georges Kiejman un conseil en sept mots qui m’a permis – je n’avais pas 30 ans – de choisir mon destin et de m’y épanouir. Peut-être ne s’en rappelle-t-il pas lui-même, mais ses mots ne m’ont jamais quitté, rendant les décisions évidentes à chaque nouvelle ramification de la vie.

On me présente souvent comme ayant eu Georges pour mentor. C’est assez faux car, lorsque nous avons véritablement travaillé ensemble, alors qu’il retrouvait la robe au terme de ses fonctions ministérielles, puis pour « Charlie Hebdo » dans l’affaire des caricatures de Mahomet ou pour Caroline Fourest contre la famille Le Pen, j’avais fini d’être formé. Mais il a été bien plus que cela. Il m’a inspiré. Son talent pur, cristallin, impitoyable reste un horizon que je sais inatteignable. Je n’ai jamais retrouvé dans une salle d’audience son humour assassin, l’élégance de son éloquence, sa culture universelle, le tout reposant sur un perfectionnisme angoissé, seule garantie de ne jamais sombrer dans le vertige de la facilité qui transforme trop souvent les plus merveilleux avocats en écrins déceptifs pour bijoux disparus.

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