Pôle emploi: la grève reconduite mardi

Un Pôle Emploi à Roubaix, le 7 décembre 2016

Paris (AFP) - La grève à Pôle emploi, suivie lundi par 13,36% des salariés, est reconduite à mardi par les quatre syndicats à l'origine du mouvement, ont-ils annoncé.

FO, SNU-FSU, CGT et SUD, qui représentent 48% des agents de l'opérateur, ont lancé lundi .

"Nos quatre organisations reconduisent le préavis pour demain", a indiqué Jean-Charles Steyger (SNU-FSU) à l'AFP, une information confirmée par Rubens Bardaji (CGT). Ils comptent ainsi faire la jonction avec les mouvements de grèves et de manifestations déjà prévus mardi dans les services publics.

Les syndicats ont été reçus par la direction de l'opérateur, mais pas par le ministère du Travail, comme annoncé dans un premier temps par les syndicats. "Ce n'était pas envisagé", a-t-on affirmé au cabinet de Myriam El Khomri.

Au premier jour de la mobilisation, 13,36% de agents ont débrayé et le mouvement a provoqué la fermetures de quatre agences (deux en Paca, une en Normandie et une en Bretagne) sur plus de 920, a indiqué la direction dans un communiqué.

Environ 200 salariés ont manifesté dans la matinée dans l'est de Paris entre la place Gambetta et le siège de Pôle emploi, a constaté un journaliste de l'AFP. Dix-huit rassemblements étaient également organisés dans les capitales régionales, réunissant environ 150 personnes à Lyon et une centaine à Toulouse, selon les syndicats.

- Contre le "tout numérique" -

La mobilisation est "faible", "très clairement, c'est un échec pour ces organisations", a estimé la direction auprès de l'AFP, "mais on est quand même sensible à leurs revendications", notamment sur la défense des missions de service public et le refus de toute régionalisation ou privatisation.

Les manifestants parisiens demandaient aussi le "retrait" de l'accord sur la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), signé par la CFDT, la CFE-CGC et la CFTC, qui vise à accroître les effectifs de conseillers à l'emploi via un redéploiement des agents chargés de l'indemnisation.

"Cet accord, c'est la destruction de nos missions. La direction fait tout pour simplifier, automatiser l'indemnisation. Le but, c'est que le demandeur d'emploi ne soit plus accompagné par les conseillers mais par les machines", s'est inquiété Rubens Bardaji.

"On entre dans l'ère de la déshumanisation des services, de la substitution des conseillers par des algorithmes, il faut arrêter le lessivage de cerveaux du tout-numérique", a renchéri M. Steyger.

"Nous ne remettons pas en cause les métiers", s'est défendue la direction, justifiant les transitions professionnelles prévues dans l'accord GPEC par les "gains de productivité" liés à la généralisation en 2018 de la déclaration sociale nominative (DSN), qui dématérialise les déclarations des entreprises.

La direction a par ailleurs fait remarquer que si les syndicats grévistes "ne voulaient pas de cet accord, il leur suffisait de s'y opposer". Bien que minoritaires au sein de Pôle emploi, les syndicats FO, SNU-FSU et CGT sont majoritaires au niveau de la branche professionnelle, où s'est négocié l'accord, et avaient donc la possibilité de l'invalider.

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