Pétrole contre nourriture : Total et les intermédiaires

Le feuilleton des achats par Total de pétrole en Irak pendant le dispositif Pétrole contre nourriture continue de se dérouler au Palais de Justice. Mercredi 6 février, Charles Pasqua, impavide, reste quatre heures assis au premier rang des prévenus, tandis que la présidente du tribunal Agnès Quantin, qui a retrouvé sa voix, rappelle les faits. L'endroit et l'envers du décor. Officiellement, Total a respecté la résolution de l'ONU de 1995 qui assouplissait l'embargo en Irak. Il a acheté son "huile" en toute transparence jusqu'en 2003, date de l'invasion de l'Irak par les Américains. Il ne suspend ses achats qu'entre décembre 2000 et mai 2002, parce que l'Irak exige alors des rétro-commissions (les "surcharges") que Total refuse de payer.

Mais l'enquête a montré que parallèlement, Total achète aussi des barils de manière beaucoup plus opaque, auprès de sociétés de négoce pétrolier, et ce, même pendant la période dite des surcharges. "Tout cela est contesté par Total", rappelle la présidente du tribunal. Elle interroge alors successivement deux ex-traders du groupe, Jean-Michel Tournier (69 ans) et Philippe Sibaud (48 ans). Ils comparaissent pour complicité d'abus de biens sociaux et corruption d'agents publics étrangers.

Le premier était responsable trading brut jusqu'en 2000, c'est-à-dire qu'il gérait tous les achats de brut au Moyen Orient. En 2000 quand le management repense l'organigramme à l'occasion de la fusion de Total avec Elf, il lui propose de prendre sa retraite. Maîtrisant parfaitement son sujet, il fait au tribunal un cours complet sur la formation du prix de l'or noir. Note au passage que l'intérêt du pétrole brut irakien a été créé de toutes pièces par (...)

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