Une pétition pour défendre une élève renvoyée d'un collège après une altercation entre son père et une enseignante

Ensemble scolaire Les Maristes, à Bourg-de-Péage, dans la Drôme - Capture d'écran Google Maps

Lors de la querelle, la professeure a giflé le parent d'élève et celui-ci a sorti un cric de sa voiture. Des plaintes ont été déposées des deux côtés.

Insultes, gifles, cric... En fin de semaine dernière, une pétition a été lancée sur la plateforme Change.org pour demander le retour d'une élève de 12 ans exclue du collège Les Maristes à Bourg-de-Péage (Drôme). À l'origine de ce renvoi, une altercation violente du père de la jeune fille et d'une enseignante de l'établissement début novembre, à cause d'une place de parking.

Le père de l'adolescente, en classe de 5e dans ce collège privé, et la professeure ont raconté la querelle - dont les versions divergent - au Dauphiné Libéré.

Des insultes, une gifle et un cric

Le parent d'élève explique être venu récupérer sa fille et s'être garé devant l'établissement scolaire. L'enseignante a, selon lui, placé son véhicule en face du sien et lui aurait demandé, en l'insultant, de déplacer sa voiture.

"Elle m’a dit: 'je suis professeure et j’ai un rendez-vous alors tu dégages ta voiture de m… et tu pars !'", rapporte le père au journal local.

La professeure lui a ensuite asséné une gifle, mais a également mis des coups de pied dans sa voiture, lui refermant la portière dessus. Le père reconnait avoir insulté l'enseignante par la suite, mais "sans jamais l'avoir touchée".

La professeure donne de son côté une autre version. Elle ne nie pas la gifle, qu'elle "regrette", mais explique que c'est l'homme qui a commencé à l'insulter après qu'elle lui a demandé de déplacer sa voiture. Elle qualifie ainsi cette gifle d'"acte de défense".

"Il était fou de rage et il a fallu que j’appelle la direction de l’établissement", assure-t-elle.

Dans les deux versions, le père finit par sortir un cric de sa voiture, sans toutefois l'utiliser. La professeure ajoute que l'homme lui a craché dessus. À l'issue de cet épisode, le père a été emmené en garde à vue. Chacun a déposé plainte contre l'autre.

"Que l’élève soit réintégrée et la professeure sanctionnée"

Dans un premier temps, l'établissement scolaire a déclaré vouloir apaiser la situation. "Je pense que l’enseignante a perdu les pédales comme ce parent d’élève, que j’ai d’ailleurs reçu (le lundi 14 novembre, ndlr) avec son épouse et avec qui j’ai eu un échange privé dans le calme", avait expliqué au Dauphiné Libéré le directeur des Maristes.

"Nous allons protéger cet enfant scolarisé car il n’a rien à voir avec toute cette histoire", assurait-il.

Cependant, "le 16 novembre la petite fille est exclue du collège Les Maristes par le directeur", peut-on lire dans le texte de la pétition, qui réclame "que l’élève soit réintégrée et la professeure sanctionnée."

Or, "si l'établissement décide de ne pas la reprendre, il n'y aura rien à faire. Selon l'article 8 de leur contrat, ils peuvent le rompre s'ils considèrent qu'il y a rupture de confiance entre l'établissement et les parents", explique à France Bleu Me Guillaume Fort, avocat des parents.

Le père a, de son côté, annoncé qu'il allait de nouveau déposer une plainte contre l'enseignante cette semaine. D'après son avocat, il s'est vu prescrire 6 jours d'ITT en raison d'un stress post traumatique et d'une fêlure d'une côte.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - L'enseignant menacé de mort par un parent d'élève au Grand-Quevilly témoigne