Pérou: le président Pedro Castillo évite de justesse une nouvelle procédure de destitution

Le président péruvien Pedro Castillo aurait pu être destitué s’il n’avait pas respecté le délai de 24 heures qui lui avait été accordé pour un déplacement officiel en Équateur.

Le convoi du président péruvien Pedro Castillo a dû rouler pied au plancher pour éviter une nouvelle procédure de destitution. Parmi les proches du chef de l’État, le soulagement était visible à 22h30 vendredi lorsque les voitures officielles ont pu passer la frontière après une course de 264 kilomètres sur les petites routes du sud de l’Équateur. Pour qu’il n’y ait pas de doute sur sa présence dans le pays, la présidence péruvienne a envoyé une photo sur son compte Twitter du président dans la ville de Tumbes, du côté péruvien de la frontière.

Le chef d’État était en déplacement dans la ville de Loja à 264 kilomètres de la frontière péruvienne, pour présider un Conseil des ministres binational. Il était censé rentrer en avion, mais les conditions météorologiques l’en ont empêché. Dans bien des pays, il aurait simplement attendu que les conditions climatiques s’améliorent et son retard dû à des circonstances indépendantes de sa volonté aurait été sans conséquences. Mais pas au Pérou.

Le Parlement péruvien n’avait laissé que 24 heures au chef d’État pour sa visite en Équateur. Et l’opposition avait prévu de lancer une procédure de destitution pour « vacances présidentielles » à son encontre s'il ne parvenait pas à atteindre le Pérou avant minuit. L’article 114 de la Constitution établit en effet que l’irrespect du délai imparti par le Congrès pour les déplacements présidentiels à l’étranger est une cause de destitution, sans qu’une exception ne soit prévue pour mauvais temps.

Castillo face à l’hostilité de l’opposition et aux manifestations

Depuis décembre 2017, les parlementaires péruviens ont présenté six procédures de destitution contre un président en exercice, rappelle notre correspondant régional, Eric Samson. Deux ont été couronnées de succès avec la démission anticipée de Pedro Pablo Kuczynski en 2018 et la destitution de Martin Vizcarra en 2020. Pedro Castillo aurait pu être le troisième.

Depuis son arrivée au pouvoir, il y a à peine neuf mois, le président péruvien subit l’hostilité de l’opposition, majoritaire au Parlement. Il a déjà essuyé deux tentatives de destitution. La dernière remonte à la fin du mois de mars dernier alors que le pays est en crise. Face aux manifestations et aux grèves qui se multiplient dans son pays, Pedro Castillo est aujourd’hui au pied du mur. Le 23 avril dernier, il annonçait un projet de loi de référendum pour ou contre un changement de la Constitution péruvienne.

Le Congrès aura cela dit de nombreuses occasions de continuer son offensive contre le président Castillo avec, dès cette semaine, la possibilité de destituer quatre des ministres du gouvernement.

À lire aussi : Pérou: le défenseur des droits demande la démission du président Castillo

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles