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Pérou: l'État condamné pour violation du droit à «un environnement sain»

C'est un arrêt historique qui fera jurisprudence sur tout le continent sud-américain et au-delà : vendredi 22 mars 2024, la Cour interaméricaine des droits de l'Homme (CIDH) a condamné le Pérou pour avoir violé le droit à un « environnement sain » des habitants d'une ville minière des Andes. C’est la toute première fois qu’un État est tenu responsable pour ne pas avoir protégé ses citoyens contre les pollutions néfastes causées par des multinationales.

La Oroya fait partie des dix villes les plus polluées du monde. C’est ici, à 3 750 mètres d'altitude et à 135 kilomètres à l’est de Lima, qu’un complexe métallurgique a traité pendant un siècle cuivre, zinc, plomb, argent et or de mines voisines.

Depuis plusieurs générations, les 20 000 habitants de La Oroya sont exposés à une pollution aux métaux lourds de l’air, du sol et de l’eau. Ils souffrent de toutes sortes de maladies et d’infertilité. L’État le savait, mais n’a pas pour autant imposé une quelconque règlementation aux multinationales – dont le groupe américain Renco – qui se sont succédé sur ce site.

En 2006, 80 victimes ont porté plainte. La CIDH vient de leur donner raison. Les juges ordonnent à l’État péruvien, entre autres, de poursuivre les responsables des pollutions, de fournir des soins médicaux gratuits aux victimes, de récompenser tous les dommages subis et d’élaborer un plan d’assainissement pour la ville.

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