Pérou: au moins trois morts lors de manifestations contre le nouveau président

·2 min de lecture

Au moins trois personnes ont été tuées le 14 novembre à Lima lors d'une nouvelle journée de manifestations, réprimées par la police, contre l'accession à la présidence de Manuel Merino.

Le 14 novembre, des milliers de manifestants sont de nouveau descendus dans la rue au Pérou pour exiger la démission de Manuel Merino et rejeter ce qu'ils considèrent comme un coup d'Etat parlementaire. La plus grande marche a réuni des milliers de personnes dans la capitale Lima. La police a de nouveau fait usage de gaz lacrymogène pour disperser des manifestants qui menaçaient de marcher sur le siège du Parlement, tuant au moins trois personnes.

Le Parlement péruvien avait voté le 9 novembre la destitution du président Martin Vizcarra, pour « incapacité morale », le chef de l'État étant accusé d'avoir reçu des pots-de-vins lorsqu'il était gouverneur. Son éviction et l'accession à la présidence de Manuel Merino, un ingénieur agronome de centre-droit jusque-là à la tête du Parlement, ont entraîné depuis lors des manifestations à Lima et dans d'autres villes.

Démissions et appels à la démission

« Je déplore profondément les morts survenues en raison de la répression par ce gouvernement illégal et illégitime, a réagi le président déchu, Martin Vizcarra. Mes condoléances vont aux proches de ces héros de la société civile qui, en exerçant leurs droits, sont sortis dans la rue en défense de la démocratie et à la recherche d'un pays meilleur ».

Réagissant à la répression violente des manifestations, le chef du Congrès péruvien Luis Valdez a demandé à la télévision la démission du nouveau président. Le maire de Lima, Jorge Muñoz, qui appartient au même parti Action Populaire que Manuel Merino, a lui aussi exigé sa démission.

Sept des 18 ministres de Manuel Merino ont annoncé leur démission le 14 novembre au soir après la répression policière. Le Premier ministre, Antero Flores Araoz, conservateur de 78 ans, avait exclu plus tôt que le président se retire sous la pression des manifestations.

(avec AFP)

À lire aussi : Pérou: accusé de corruption, l'ex-président Martin Vizcarra ne doit pas quitter le pays