Pérou: à une semaine de l'élection présidentielle, l’indécision des électeurs

·2 min de lecture

Les Péruviens se rendront aux urnes le 11 avril prochain pour élire un nouveau président et renouveler leur Parlement. Mais à moins d’une semaine du scrutin, c’est l’indécision qui est en tête dans les sondages. Alors qu’aucun candidat à la présidentielle ne dépasse les 15 % d’intention de vote, plus d’un tiers des électeurs ne savent toujours pas pour qui voter, y compris à Cuzco, ville historiquement de gauche.

Avec notre correspondante à Cuzco, Wyloën Munhoz-Boillot

Juan est guide touristique à Cuzco. Comme une bonne partie de ses compatriotes, il ne sait toujours pas pour quel candidat ni pour quel parti voter lors de l’élection présidentielle et législative du 11 avril prochain.

« L’autre jour, on s’est réunis avec une quinzaine d’amis et la plupart d’entre nous n’ont toujours pas déterminé leur vote, parce que la majorité des candidats sont impliqués dans des faits de corruption. On a affaire à une classe politique corrompue. Quand on leur fait confiance, ça finit toujours mal. »

En effet, depuis trois décennies, tous les anciens chefs d’État péruviens ont fini en prison ou font l’objet d’enquêtes pour corruption, comme huit actuels candidats à la présidentielle et une dizaine de candidats au Parlement. De quoi alimenter la méfiance et donc l’indécision, y compris chez les jeunes électeurs.

La méfiance des citoyens à l'égard de la classe politique

John Solis, étudiant en droit à Cuzco, fait partie des milliers de jeunes qui sont descendus dans la rue à travers tout le pays en novembre dernier pour défendre la démocratie et qui ont réussi à faire tomber le gouvernement d’alors. Pourtant l’engouement et l’espoir de changement en faveur des citoyens, nés de ce mouvement sont vite retombés.

« Aucun candidat ne fait de réelles propositions pour affronter les conséquences de la pandémie, alors qu’il y a plein de gens sans travail et d’autres qui tentent de survivre comme ils peuvent », explique l’étudiant en droit.

L’économie, la santé et l’éducation, thèmes chers aux Péruviens, sont en effet peu présents dans la campagne, où les attaques personnelles prévalent sur le contenu.

Malgré tout, selon un récent sondage, 80 % des électeurs iront voter le 11 avril, car le vote est obligatoire au Pérou, mais l’indécision devrait persister jusqu’au dernier moment dans un pays où un électeur sur cinq décide de son vote le jour même du scrutin.

À lire: Covid-19 au Chili: les électeurs péruviens privés de vote pour les présidentielles au Pérou