Pénurie de professeurs : « On ne pourra bientôt plus gérer la situation… »

« Fatalement, quand les conditions sont dégradées, les enseignements le sont aussi », regrette Hélène, professeure des écoles en région parisienne.  - Credit:JEFF PACHOUD / AFP
« Fatalement, quand les conditions sont dégradées, les enseignements le sont aussi », regrette Hélène, professeure des écoles en région parisienne. - Credit:JEFF PACHOUD / AFP

« Le manque de professeurs est devenu la hantise du chef d'établissement… », soupire Layla Ben Chikh, principale dans un collège de l'académie de Nice et membre du Snpden-Unsa (syndicat majoritaire des personnels de direction). En dépit du recrutement de 4 500 contractuels en vue de la rentrée 2022 et de la promesse du ministre de l'Éducation nationale, formulée en août dernier (« Il y aura un enseignant dans chaque classe »), la crise de recrutement dont fait l'objet le milieu enseignant pèse sur le primaire comme sur le secondaire. 63 % des établissements déploreraient ainsi le manque d'au moins un professeur, révèle une enquête du Snpden-Unsa. Sans que la rue de Grenelle ne communique, elle, de chiffres à ce sujet.

Une problématique à laquelle s'ajoute un déficit de remplaçants. Certains d'entre eux étant de facto mobilisés à l'année, alors même que leur rôle se voudrait ponctuel. « Il a fallu un mois pour qu'un remplaçant puisse assurer les cours de l'un des professeurs de maths de l'établissement. Cela représente seize heures de cours en moins pour les élèves… », déplore ainsi Layla Ben Chikh, qui s'inquiète de ce que « l'enseignement de certains savoirs fondamentaux » n'en pâtisse.

Une « organisation de bouts de ficelle »

« Fatalement, quand les conditions sont dégradées, les enseignements le sont aussi », abonde Hélène, professeure des écoles en région parisienne, dont l'établissement aujourd'hui au complet a dû composer, l'année passée, avec un effect [...] Lire la suite