Pékin veut multiplier l’ouverture d’écoles chinoises internationales

La Chine est en train de multiplier les ouvertures d’écoles internationales à l’étranger, constate The Economist, qui évoque le dernier “produit d’exportation” du pays, conçu comme un outil au service de son influence extérieure, ou “soft power”. À Dubaï, l’école chinoise internationale, située dans une banlieue chic, a ouvert en 2020, alors qu’un an plus tôt “des responsables déclaraient avoir demandé aux diplomates chinois de 45 pays, dont la Grande-Bretagne et les États-Unis, d’explorer la possibilité de créer de telles institutions”.

Ces établissements, où les élèves suivent le cursus chinois, s’adressent avant tout aux membres de la diaspora et aux expats chinois désireux de pouvoir faire poursuivre plus tard leur scolarité en Chine à leurs enfants. Le gouvernement chinois espère que ces écoles pousseront davantage de Chinois à accepter des postes à l’étranger. Mais, si leur trajectoire suit celles des établissements français, britanniques et américains, les écoles chinoises internationales pourraient aussi accueillir des petits expats d’autres nationalités. Cela est probable car les universités chinoises attirent désormais beaucoup d’étrangers et un cursus dans un lycée chinois pourrait faciliter l’admission.

Mais ces établissements doivent se plier à l’éducation patriotique imposée en Chine. Pour satisfaire les autorités émiraties, l’école chinoise de Dubaï a fait des concessions sur ce point. Mais la question idéologique reste un point d’inquiétude, souligne l’hebdomadaire britannique. Une inquiétude fondée, à en croire le magazine The Diplomat, qui couvre principalement l’actualité de la région Asie-Pacifique, puisque le gouvernement de Xi Jinping n’a eu de cesse de manifester son “hostilité à la liberté académique – alors même que Pékin appelle publiquement à une collaboration accrue avec les universités occidentales”.

Les financements sur les recherches consacrées au “socialisme/marxisme” et à l’“histoire du parti/construction du parti” ont doublé et triplé, respectivement, entre 2019 et 2011, tandis que “les délégués de l’Assemblée populaire nationale ont fait pression pour que l’anglais ait moins de poids dans l’examen d’entrée à l’université en Chine, ou gaokao. Dans les écoles, une loi sur l’éducation patriotique, entrée en vigueur en janvier 2024, doit renforcer le sentiment nationaliste. “Des dirigeants d’universités et des chercheurs chinois courageux ont cherché à sauvegarder la liberté académique chaque fois que cela était possible. Ils doivent être aidés par leurs collègues occidentaux, et pas isolés davantage”, explique Daniel Fu, chercheur associé à la Harvard Business School.

[...] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :