Pékin restreint l'accès des Hongkongais à la citoyenneté britannique

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La Chine a annoncé, vendredi, qu'elle ne reconnaîtrait plus les passeports spéciaux accordés par la Grande-Bretagne à certains ressortissants hongkongais. Londres avait décidé d’étendre les droits de résidence des habitants de l’île asiatique au Royaume-Uni.

La Chine accentue encore sa main mise sur Hong Kong. Pékin a annoncé, vendredi 29 janvier, que les passeports spéciaux accordés par la Grande-Bretagne à certains ressortissants hongkongais ne serait plus reconnus. Londres avait décidé d'étendre les droits de résidence des Hongkongais sur le sol britannique.

Quelques jours auparavant, Londres avait annoncé l'entrée en vigueur d'un allongement du séjour associé à ce passeport, en réaction à l'imposition, l'an dernier par la Chine, d'une loi de sécurité nationale qui a restreint les libertés dans l'ex-colonie britannique.

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Les Hongkongais détenteurs d'un passeport britannique d'outre-mer ("BNO"), document hérité de la rétrocession à la Chine en 1997, vont pouvoir désormais vivre et travailler au Royaume-Uni pendant cinq ans, et à terme demander la nationalité britannique.

Ils n'avaient jusqu'ici le droit de visiter le Royaume-Uni que pour six mois, sans pouvoir y travailler.

En réaction, Pékin a fait part de son "indignation". "À compter du 31 janvier, la Chine ne reconnaîtra plus les soi-disant passeports britanniques d'outre-mer en tant que document de voyage ou d'identité", a annoncé devant la presse le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian. Pékin "se réserve le droit de prendre des mesures complémentaires", a-t-il ajouté.

"Le Royaume-Uni est en train de transformer un grand nombre de résidents de Hong Kong en citoyens britanniques de seconde zone", a accusé le porte-parole.

Flou sur les conséquences pratiques

Les conséquences pratiques de l'annonce de Pékin ne sont pas claires. Cela pourrait signifier que les Hongkongais titulaires d'un passeport BNO ne pourront plus entrer en Chine continentale. Mais les autorités chinoises ne savent pas nécessairement qui est porteur d'un tel passeport.

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a estimé, vendredi, que les nouveaux droits permettaient "d'honorer nos profonds liens historiques et amicaux avec le peuple de Hong Kong" et de défendre la liberté.

La loi sur la sécurité nationale instituée à Hong Kong "constitue une violation claire et grave de la déclaration conjointe sino-britannique" qui a présidé à la rétrocession du territoire, a dénoncé le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab.

Selon Londres, on dénombre environ 350 000 titulaires du passeport BNO, un chiffre qui a presque doublé depuis le début de la contestation à Hong Kong il y a un an et demi. Mais 2,9 millions d'autres Hongkongais, en fait tous ceux nés avant 1997, peuvent obtenir ce document. Selon le ministère britannique de l'Intérieur, 7 000 détenteurs d'un passeport BNO ont déjà rejoint le Royaume-Uni entre juillet et mi-janvier.

Avec AFP