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Pékin nie être derrière les cyberattaques visant Washington, Londres et Wellington

La Chine rejette les accusations des gouvernements américain, britannique et néo-zélandais d'être derrière plusieurs cyberattaques contre leurs institutions publiques (Pedro Pardo)
La Chine rejette les accusations des gouvernements américain, britannique et néo-zélandais d'être derrière plusieurs cyberattaques contre leurs institutions publiques (Pedro Pardo)

La Chine a rejeté mardi les accusations des gouvernements américain, britannique et néo-zélandais pour plusieurs cyberattaques contre leurs institutions publiques, et dit avoir "protesté fermement" auprès des parties concernées.

Pékin "a protesté fermement auprès des Etats-Unis et des parties concernées et prendra toutes les mesures nécessaires pour préserver ses droits et intérêts légitimes", a déclaré Lin Jian, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Washington "a joint ses forces avec le Royaume-Uni pour monter en épingle ces prétendues cyberattaques chinoises", a-t-il dénoncé.

Dans de rares accusations publiques et détaillées désignant Pékin, les trois gouvernements ont dénoncé une série de cyberattaques commises au cours des dernières années, dans une démarche apparemment concertée pour demander des comptes à la Chine.

Le ministère américain de la Justice a annoncé avoir inculpé sept Chinois pour une "prolifique opération de piratage informatique à l'échelle mondiale" qui a contribué pendant 14 ans aux "objectifs d'espionnage économique et de renseignement extérieur" de Pékin.

Cette opération a nécessité l'envoi de plus de 10.000 courriels visant des entreprises, hommes politiques, candidats aux élections et journalistes travaillant aux Etats-Unis et à l'étranger, a précisé lundi la vice-ministre de la Justice, Lisa Monaco.

Selon Washington, un groupe baptisé APT31 est à l'origine de ce "programme de cyberespionnage" qui aurait été géré par le puissant ministère chinois de la Sécurité de l'Etat depuis la ville de Wuhan (centre).

- "Activités menaçantes" -

Londres a convoqué mardi le chargé d'affaires de l'ambassade chinoise pour condamner "sans équivoque" les cyberattaques visant des élus et la Commission électorale britannique.

"Le gouvernement britannique ne tolérera pas de telles activités menaçantes et continuera à prendre des mesures fortes avec ses partenaires dans le monde entier pour y répondre", a indiqué le Foreign Office dans un communiqué.

Peu auparavant, le vice-Premier ministre britannique Oliver Dowden a annoncé devant le Parlement à Londres que "des acteurs affiliés à l'Etat chinois" avaient commis "deux cyberactions malveillantes" en 2020 et 2021 contre des parlementaires critiques de Pékin et contre la Commission électorale du Royaume-Uni.

"Il s'agit du dernier épisode d'une série d'activités hostiles de la Chine", a-t-il affirmé.

L'attaque contre la Commission électorale avait permis d'avoir accès à des serveurs contenant notamment des copies des registres électoraux avec les données de 40 millions d'électeurs, selon les médias britanniques.

Selon M. Dowden, cette cyberattaque n'aura pas d'incidence sur le prochain scrutin législatif, prévu dans quelques mois.

Deux individus et leur organisation vont aussi faire l'objet de sanctions pour leur "implication dans des cyberactivités malveillantes", au Royaume-Uni et ailleurs dans le monde.

Il s'agit de Zhao Guangzong et Ni Gaobin, tous les deux membres de l'organisation APT31, également sanctionnés par les Etats-Unis.

Se voulant rassurant, le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, a déclaré que le Royaume-Uni ferait "le nécessaire" pour assurer sa sécurité et se protéger face au "défi historique" que pose une Chine "de plus en plus affirmée".

- "Calomnies" -

En réaction, l'ambassade de Chine en Grande-Bretagne a dénoncé des accusations "totalement infondées" et "des calomnies".

Dans une annonce coordonnée, Wellington a accusé un groupe lié à Pékin d'avoir piraté en 2021 le système informatique du bureau de Parlement en charge de l'élaboration et la publication des lois.

L'agence néo-zélandaise de cybersécurité a établi un lien entre un groupe connu sous le nom d'"APT40", "soutenu par l'Etat" chinois, et une cyberattaque contre des services du Parlement, a déclaré mardi la ministre de la Défense Judith Collins.

Le Premier ministre néo-zélandais Christopher Luxon a reconnu que l'attribution de la cyberattaque à la Chine était un "pas important", susceptible de jeter un froid dans les relations avec le principal partenaire commercial du pays.

Wellington a fait part de ses protestations à l'ambassadeur chinois dans le pays, a précisé le chef de la diplomatie néo-zélandaise, Winston Peters.

L'ambassade de Chine à Wellington a rejeté ces accusations "sans fondement" et fait part de son "vif mécontentement".

Ces dernières années, les pays occidentaux se montrent de plus en plus disposés à dénoncer les cyberopérations malveillantes et à pointer du doigt les gouvernements étrangers, en particulier la Chine, la Russie, la Corée du Nord et l'Iran.

En septembre 2023, M. Sunak avait déjà dénoncé auprès de son homologue chinois Li Qiang des "interférences" de Pékin au Parlement de Westminster.

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni ainsi que la Nouvelle-Zélande, l'Australie et le Canada font partie du réseau d'échange de renseignements Five Eyes.

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