Pour Pékin, le G7 “ne laisse au monde que des déceptions”

Avec les États-Unis, première puissance mondiale, en ligne de mire, l’édito du journal pékinois Huanqiu Shibao démarre en constatant les “désaccords” entre les membres du G7 réunis en Italie, du 13 au 15 juin.

Pour illustrer ces différends, le quotidien relève deux exemples. Le souhait des États-Unis d’utiliser les 300 milliards d’euros d’actifs gelés de la Banque centrale russe (environ 3 milliards d’intérêts par an), comme garantie d’un prêt destiné à aider l’Ukraine, qui a “déclenché la colère” au sein de l’Union européenne. Concernant les affaires liées à la Chine, “les divergences sont encore plus évidentes”, juge l’édito.

Selon ce dernier, Washington tente de mettre en garde les petites banques chinoises qui “aident la Russie” et tente également de former un front commun avec les pays européens pour faire face aux “surcapacités” de la Chine. Cependant, “certains pays européens entretiennent des relations commerciales très étroites avec la Chine” et “ne veulent pas mener une guerre commerciale avec Pékin”.

Un sommet “dirigé par le programme américain”

Il s’agit d’un pur calcul de Washington, dénonce l’édito, qui estime que les États-Unis non seulement comptent maximiser leurs propres intérêts, mais veulent aussi que d’autres pays du G7 prennent des risques et “sacrifient leurs intérêts nationaux” pour coopérer avec eux. Un positionnement qui suscite “la frustration et la colère” de l’Europe vis-à-vis du “mépris” de leur allié américain, souligne Huanqiu Shibao.

Ces dernières années, pour prouver son “existence” et sa “cohésion”, le G7 ne cesse de “spéculer” sur la question de la Chine, fustige l’auteur, en se moquant de la fréquence du mot “Chine” mentionné “à 20 reprises” dans le communiqué conjoint de l’année dernière. D’après le journal chinois, le G7 est désormais “susceptible de devenir un ‘1 + 6’ dirigé par le programme américain visant à contenir la Chine”.

Et d’affirmer qu’en tant que “club de pays riches” le G7 aurait dû en faire plus pour les autres pays, “mais n’a laissé au monde que de la déception”. Or si les pays du G7 “réorientaient moins de 3 % de leurs dépenses militaires annuelles”, ils pourraient contribuer à résoudre le problème de la faim dans le monde et celui de la crise de la dette des pays pauvres. Mais, selon le titre, la contribution du G7 au monde est “nulle, voire négative”, car les pays de ce club “continuent d’exporter des conflits, des confrontations et des risques”.

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