Pédophilie : les péchés originels du père Bernard Preynat

Les dix anciens enfants agressés, devenus des quadragénaires cabossés, risquent une nouvelle fois, ­demain, au tribunal correctionnel de Lyon, de crier dans le silence. Mobilisés contre la réforme des retraites, les avocats pourraient ­demander un renvoi du procès du père Bernard Preynat. Il s'ouvrirait alors mardi, mercredi ou bien plus tard, ce qui fait planer la menace d'un silence éternel. L'ancien responsable des scouts de Sainte-Foy-lès-Lyon (Rhône), 74 ans, a une santé si fragile qu'en 2017 un malaise et la perte momentanée de l'usage de la parole avaient fait douter de sa future comparution.

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Pourtant l'affaire, à l'origine du scandale qui éclabousse l'Église de France depuis quatre ans, est aussi devenue le symbole de la prise de conscience de la pédophilie dans l'institution. C'est pour ne pas avoir dénoncé les agissements de ce prêtre désormais défroqué et l'avoir maintenu en poste jusqu'en 2015 que le cardinal Barbarin a été jugé par deux fois — la décision de la cour d'appel lyonnaise sera rendue le 30 janvier.

Un procès qui aura une "dimension politique"

Après l'autopsie judiciaire d'une omerta, les actes pédocriminels vont être examinés, dans toute leur brutalité. "Barbarin, c'était une tribune, analyse François Devaux, plaignant dans le dossier Preynat et président de l'association La Parole libérée, créée en 2015 par des victimes du curé. Le procès Preynat perd sa dimension politique...


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