Pédophilie dans l'Église: des Inuits vont déposer plainte en France contre le prêtre Rivoire

Ils sont venus du Grand Nord canadien pour obtenir justice. Des inuits, arrivés lundi à Paris, demandent l'extradition de Johannes Rivoire, un prêtre franco-canadien de 92 ans, soupçonné d'agressions sexuelles sur plusieurs enfants dans les années 1960 et 70.

La délégation a pu s'entretenir avec le prêtre ce jeudi, à Lyon où il vit, et espérait repartir avec lui ce vendredi au Canada, mais ce ne serait vraisemblablement pas le cas.

Juste avant la rencontre, Tania Tungilik a fait la première crise d'angoisse de sa vie. Mais finalement, voir celui qui a agressé son père quand il avait 13 ans, l'a soulagé. « J'ai regardé le diable en face et il n'a exprimé aucun remords. Je lui ai dit qu'il avait ruiné la vie de mon père ; que par sa faute, il est devenu alcoolique et il est mort. Je lui ai aussi dit qu'il irait en enfer. En sortant, j'ai pleuré si fort de soulagement. Je l'ai fait ! J'ai affronté Rivoire. J'ai fait ce que mon père a toujours voulu faire », se félicite-t-elle.

Mais sans procès, pas de guérison, insistent les membres de la délégation. En août dernier, Ottawa a demandé à Paris de lui remettre le père Rivoire, or le ministère de la Justice leur a fait savoir la France n'extraderait pas Johannes Rivoire.

Une procédure de renvoi enclenchée

Aluki Kokiert, représentante des Inuits, ne baisse pourtant pas les bras. « Nous implorons le gouvernement français et le peuple français. Nous vous demandons d'avoir le même courage que les victimes, les rescapés inuits. Les Inuits méritent la vérité et la justice ».


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