Pédophilie : le médecin passe-muraille

Le nombre d’enfants victimes de Joël le Scouarnec, notable, père de famille, dépasserait les deux cents. Retour sur l’itinéraire d’un chirurgien qui ne cessait de déménager.

De sa cellule s’échappent des airs d’opéra. Le « chirurgien pédophile » aime Wagner et Verdi ; leurs œuvres romantiques l’ont suivi jusqu’en prison, dernières traces du vernis bourgeois qui a recouvert toute une vie de perversités. Placé à l’isolement, l’homme de 69 ans ne rencontre jamais les autres prisonniers de la maison d’arrêt de Saintes, en Charente-Maritime. Il écoute des disques, regarde la télévision. « Au procès, je ne me défilerai pas », a-t-il promis à Thibaut Kurzawa, son avocat.

Un jour, Joël Le Scouarnec a voulu se confier. C’était à Françoise*, sa sœur, celle dont il est le plus proche. Cette femme fluette aux cheveux bruns et aux yeux bleus l’a écouté. « Nous avons tous des zones d’ombre, lui a-t-il dit. J’ai des choses secrètes en moi. » Il lui explique aussi ne s’être jamais inscrit sur les listes électorales « pour ne pas être tiré au sort comme juré de cour d’assises et devoir juger les autres ». Une brèche dans un mur de silence. Françoise a oublié quand a eu lieu cette conversation ; elle se souvient, en revanche, du 17 avril 2017. Ce lundi de Pâques, c’est la dernière fois qu’elle voit son frère, l’aîné de la famille, le médecin, celui qui les rendait fiers. La fratrie Le Scouarnec s’était réunie autour de Joseph, le patriarche, un ancien menuisier qui vivait ses derniers instants. On a parlé de tout, de rien, jamais on ne questionne celui qui est connu des services de police depuis que, en 1992, il a été cité dans une affaire d’agression sexuelle sur une enfant de 4 ans.

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Nos parents se sont sacrifiés pour qu’il puisse étudier

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Selon les dires de Joël lors de ses interrogatoires, le mal remonte loin, à la jeunesse de son propre père, quand Joseph Le Scouarnec, désireux d’entrer dans les(...)


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