Pédocriminalité: l'"immense chagrin" du Pape après le rapport qui accable l'Eglise de France

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Le pape François lors d'une rencontre avec des évêques et des prêtres dans la cathédrale Saint Martin à  Bratislava (Slovaquie), le 13 septembre 2021 - VLADIMIR SIMICEK © 2019 AFP
Le pape François lors d'une rencontre avec des évêques et des prêtres dans la cathédrale Saint Martin à Bratislava (Slovaquie), le 13 septembre 2021 - VLADIMIR SIMICEK © 2019 AFP

Quelques heures après la publication du rapport qui met en lumière les violences sexuelles au sein de l'Église catholique de France depuis 1950, le Pape s'est exprimé. Ce mardi, le souverain pontife a exprimé son "immense chagrin" face à l'"effroyable réalité" dévoilée par cette commission indépendante.

Les pensées du Pape François "se tournent en premier lieu vers les victimes, avec un immense chagrin pour leurs blessures et gratitude pour leur courage de dénoncer", a déclaré le porte-parole du Vatican, Matteo Bruni. "Elles se tournent aussi vers l'Église de France, afin que, ayant pris conscience de cette effroyable réalité (...) elle puisse entreprendre la voie de la rédemption".

L'état des lieux dressé par le rapport est d'abord "accablant": il estime à quelque 216.000 le nombre de mineurs victimes de prêtres, diacres et religieux depuis 1950.

"Il y a eu surtout un ensemble de négligences, de défaillances, le silence, une couverture institutionnelle qui ont présenté un caractère systémique", a indiqué le président de la Commission indépendante sur les abus dans l'Église (Case), Jean-Marc Sauvé.

Excuses

Le nombre de mineurs victimes grimpe même à 330.000 si l'on ajoute les personnes agressées par des laïcs travaillant dans des institutions de l'Église (enseignants, surveillants, cadres de mouvements de jeunesse...), a-t-il précisé.

"L'Eglise n'a pas su voir, n'a pas su entendre, n'a pas sur capter les signaux faibles, n'a pas su prendre les mesures rigoureuses qui s'imposaient", a poursuivi Jean-Marc Sauvé, appelant l'Eglise à reconnaître sans détour sa "responsabilité".

Le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Eric de Moulins-Beaufort, a exprimé "sa honte", "son effroi" après avoir reçu en mains propres le rapport, fruit de deux ans et demi de travaux.

"Mon désir en ce jour est de vous demander pardon, pardon à chacune et chacun", la voix des victimes "nous bouleverse, leur nombre nous accable", a-t-il ajouté.

Véronique Margron, la présidente de la Corref (instituts et ordres religieux) a évoqué de son côté "un désastre": "que dire, sinon éprouver (...) une honte charnelle, une honte absolue".

Article original publié sur BFMTV.com

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