Pédocriminalité et inceste: appel de l'ONG #WeToo à une mobilisation nationale

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La fondatrice de l'organisation, dont l'objectif est de lutter contre les maltraitances commises sur les enfants, considère qu'en France "il y a un retard pour aborder la situation."

L'organisation #WeToo, dont l'objectif est de lutter contre les maltraitances commises sur les enfants, organise à l'Assemblée nationale le 11 janvier une "réunion de crise", afin de mobiliser les différents acteurs concernés, a annoncé samedi sa fondatrice, Hannah Dam-Stockholm à l'AFP.

Cette ONG, basée à Paris, mais également en Suisse, a l'ambition de lutter contre les maltraitances à l'encontre des enfants au niveau mondial. 

"Selon l'Unicef, 55 millions d'enfants sont victimes d'abus en Europe, soit 1 sur 5, et un milliard le sont dans le monde, soit 1 sur 2. En France, ils sont 160.000 enfants victimes d'agressions sexuelles et seulement 8 à 10% d'entre eux, qui ont parlé, sont protégés chaque année. C'est inacceptable", relève auprès de l'AFP Hannah Dam-Stockholm.

Obtenir "un engagement de l'Etat"

Pour cette Danoise d'origine, il faut absolument "réagir ensemble: ONG, police, gendarmerie, magistrats, éducation, etc." et obtenir "un engagement de l'Etat".

La réunion du 11 janvier a pour but de nouer des partenariats entre les différents intervenants, après le choc qu'a constitué le rapport Sauvé sur les actes de pédocriminalité dans l'église (Ciase), mais également le premier avis de la commission indépendante contre l'inceste (Ciivise), le 27 octobre dernier.

"Notre projet, poursuit Hannah Dam-Stockholm, est de réunir les plus grands experts, d'introduire une autre culture de la protection et élaborer de nouveaux standards de procédures judiciaires et d'enquête sur ces faits pour lesquels les enfants ne sont pas crus".

Elle souligne que de nombreuses études ont établi que seulement "1 à 5% des enfants mentent". Pour elle, "le dénigrement et la banalisation de la parole des enfants" viennent encore "renforcer le traumatisme consécutif aux violences".

La France a un "retard"

Si en Europe, les "problèmes sont différents dans chaque pays", Hannah Dam-Stockholm estime qu'en France "il y a un retard pour aborder la situation".

Elle l'attribue à trois facteurs "historiques": "le retard sur le développement de l'égalité des sexes", "la libération des moeurs dans les années 70/80 qui a permis à des intellectuels de justifier en public la pédophilie" et "l'affaire d'Outreau" où lors de son audition devant la commission d'enquête parlementaire, "le Dr Paul Bensussan a livré un long plaidoyer à charge contre la parole de l'enfant".

"On dit souvent que la vérité sort de la bouche des enfants. Mais dans un tribunal, cette vérité n'est pas très populaire en France. Aujourd'hui les systèmes sont élaborés pour protéger l'agresseur, pour ignorer des crimes comme les abus sexuels. Hélas par ce processus, les enfants victimes sont abandonnés", poursuit-elle.

L'ONG entend en outre mobiliser les grandes entreprises pour récolter des fonds et organiser des concerts de sensibilisation. Le 11 janvier, un premier rapport d'étape sera communiqué.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Pédocriminalité dans l'église portugaise : les victimes invitées à briser le silence :

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