Clivage de la classe politique sur un "lien entre terrorisme et immigration"

·3 min de lecture
La présidente (Libres!) de la région Île-de-France Valérie Pécresse à Paris, le 8 avril 2021.

Contrairement au gouvernement et à la gauche, une partie de la droite a établi dimanche un lien direct entre terrorisme et immigration, deux jours après le meurtre au couteau d'une policière à Rambouillet.

"Il faut cesser de nier le lien entre terrorisme et immigration, il y a un lien, notamment avec l'immigration la plus récente", a déclaré Valérie Pécresse dans "Le Grand rendez-vous Europe1/Cnews/LesEchos".

Elle a cité le cas du meurtrier présumé de vendredi, abattu par la police: un ressortissant tunisien de 36 ans, arrivé clandestinement en France en 2009 et régularisé 10 ans plus tard.

"Sous François Hollande, le fait d'être en situation irrégulière sur notre territoire a cessé d'être un délit, il faut que ça le redevienne", que l'on puisse "prononcer sur cette base des ordonnances d'expulsion immédiate", a-t-elle ajouté.

Plus globalement, "il faut reprendre le contrôle des flux migratoires", afin "de choisir ceux qu'on accueille chez soi, sinon on a des gens qui arrivent sans aimer la France", a-t-elle lancé.

Même ton du vice-président délégué LR Guillaume Peltier sur France 3 qui a estimé que l'attaque de Rambouillet était "le résultat de la lâcheté et de la soumission de nos gouvernants sur le terrorisme et la sécurité". Pour lui, "il y a un lien entre immigration et terrorisme. Il faut dès maintenant, dès aujourd’hui, de façon radicale, stopper toute immigration".

Comme le RN qui affirme depuis longtemps que ce lien existe, Le président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan a estimé sur Radio J que l'attaque de vendredi "est une des conséquences majeures de la submersion migratoire que nous subissons" et d'une "politique de faiblesse vis-à-vis de l'islamisme".

Mais l'exécutif, comme la gauche conteste ces opinions. Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a dit dans "Questions politiques" (France inter/France info/Le Monde) qu'il "refuserait toujours de tirer un trait entre immigration et terrorisme".

Gabriel Attal a dénoncé, chez certains à droite, "un discours qui consiste à dire qu'immigrés égale terrorisme", "qui vise à dresser les gens les uns contre les autres, à attiser la haine dans notre pays et qui au final ne sert pas l'intérêt et la protection des Français".

"Je suis sidéré par certaines interventions qu'on a entendu à peine deux heures après que l'attaque a été commise, c'est-à-dire qu'on a encore une intervention sur la scène de crime et parfois les familles ne sont même pas encore informées", a-t-il insisté, en référence notamment à Marine Le Pen qu'il a qualifiée de "vautour".

Même ligne du centriste François Bayrou, allié d'Emmanuel Macron: "Chaque fois qu'il y a un événement, il y a exploitation de l'événement", a-t-il déploré sur BFM.

La candidate PS à la présidence de la région Île-de-France Audrey Pulvar a aussi écarté tout "lien entre terrorisme et immigration". "Beaucoup de personnes immigrent et s'installent et font la richesse de la France, et ne sont pas des terroristes", s'est-elle indignée.

Elle a assuré qu'on combat le terrorisme par "plus de moyens humains et d'enquête", qui manquent selon elle pour mieux appliquer les obligations de quitter le territoire français.

Le Conseil des ministres a décidé mercredi la création d'un poste de préfet délégué à l'immigration auprès du préfet de police de Paris, dont la mission consistera à coordonner la gestion des flux migratoires, particulièrement importants, en Ile-de-France.

La région concentre, selon la préfecture de police de Paris, "50% des demandes d'asile nationales, 40% de l'activité nationale de primo-délivrance de titres de séjour, 30% de l'activité nationale de lutte contre l'immigration irrégulière".

bap/ib/it