Ovidie raconte son expérience du Festival de Cannes pour tenter d'expliquer la polémique “Mektoub My Love”

La réalisatrice Ovidie, ici en octobre à Berlin, a raconté son expérience de Cannes pour tenter d'expliquer la polémique autour du nouveau film d'Abdellatif Kechiche.

FESTIVAL DE CANNES 2019 - À chaque festival de Cannes son scandale. Cette année, les yeux se sont tournés vers le réalisateur Abdellatif Kechiche et son “Mektoub My Love: Intermezzo”, un film de 3h28 comportant une scène de sexe crue de 13 minutes. Au-delà de cette scène, c’est le regard du réalisateur et sa focalisation sur les corps de femmes qui ont partagé les spectateurs cannois, entre accusations de “male gaze”, le fait de ne montrer qu’un point de vue masculin et hétéronormé sur les femmes et leurs corps, et éloges d’un génie.

Le scandale n’aurait peut-être pas été si pesant si le casting du film n’avait pas lui-même semblé trahir un certain malaise. Ophélie Bau, l’une des actrices principales du film, n’a pas assisté jeudi à la projection alors qu’elle venait de monter les marches du Palais des festivals. L’actrice, nommée aux César pour sa prestation dans le premier volet de “Mektoub My Love”, n’a pas non plus participé à la conférence de presse du lendemain car elle était “en plein tournage”, selon une attachée de presse du film.

“Fuir tout ce délire médiatique”

La réalisatrice et ex-actrice porno Ovidie a témoigné ce samedi 25 mai sur Twitter, racontant son expérience de Cannes pour tenter d’expliquer l’absence de l’actrice qui, selon elle, pourrait être liée au regard porté par le monde du cinéma sur les actrices “qui jouent des scènes de sexe explicites”.

“C’est quand même marrant que vous n’émettiez pas l’hypothèse que si Ophélie Bau s’est tirée de Cannes, c’est justement pour fuir tout ce délire médiatique et toutes ces attaques violentes autour du film”, écrit la réalisatrice, prenant son expérience pour exemple.

En 2001, Ovidie participe au Festival de Cannes pour “Le pornographe” de Bertrand Bonello, comportant “une longue scène explicite”. Elle se souvient d’avoir “morflé”.

“Tous ces gens qui te slutshament (le slutshaming est le fait d’avoir un comportement jugé agressif envers des femmes dont la sexualité est perçue comme hors-norme, ndlr), qui...

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