Ouzbékistan: tensions dans la région semi-autonome du Karakalpakstan

Anvar Ilyasov / POOL / AFP

Des tensions sont apparues ces derniers jours au Karakalpakstan, une République semi-autonome de l’Ouzbékistan. Ce n’est que ce samedi 2 juillet au soir que des informations sont sorties au sujet de manifestations qui se sont tenues à Noukous, la capitale de cette région désertique. Ces rassemblements se sont produits suite à l’annonce de la volonté du pouvoir central ouzbek de modifier la Constitution, dont des articles relatifs au statut de la région. « Malheureusement, il y a des victimes chez les civils et dans les forces de l'ordre », a indiqué le président ouzbek, Chavkat Mirzioïev, cité par son service de presse.

Avec notre correspondant régional, Régis Genté

Ce sont les informations, peut-être trop peu claires, relatives aux amendements à la Constitution ouzbèke qui ont suscité l’émotion au Karakalpakstan. Et notamment la disparition du mot « souveraineté » de la loi suprême, alors qu’en 1993, la République autonome du Karakalpakstan s’était entendue avec le pouvoir central pour demeurer au sein de l’Ouzbékistan pendant vingt ans, après quoi elle pourrait organiser un référendum au sujet d’une éventuelle indépendance.

Dispersion violente des manifestants

Ce qu’elle n’a pas fait jusqu’à présent. Vendredi dernier, les forces de police ont, semble-t-il, violemment dispersé les manifestants, réunis à Noukous. Aussitôt, le président ouzbek, Chavkat Mirzioïev, a déclaré renoncer aux amendements constitutionnels relatifs au Karakalpakstan. Il semble que cela a permis un certain retour au calme dans cette région de deux millions d’habitants, appauvrie notamment par l’assèchement de la mer d’Aral à la fin de l’ère soviétique.

État d'urgence

Le pouvoir central a aussi décrété l’état d’urgence pour un mois, tandis que le président est revenu, samedi, pour la seconde fois en quelques jours à Noukous pour apaiser les tensions. Il y a eu « des victimes chez les civils et dans les forces de l'ordre », a affirmé Chavkat Mirzioïev, cité par son service de presse, lors d'un discours sur place. M. Mirzioïev n'a pas précisé le nombre des victimes ni indiqué s'il s'agissait de morts ou de blessés.

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