Ouverture d'une enquête après un incident à la sortie du procès de Jawad Bendaoud

Jawad Bendaoud, le 21 novembre 2018 au tribunal à Paris

Paris (AFP) - Une enquête est ouverte après un incident qui aurait opposé Jawad Bendaoud et une victime des attentats du 13 novembre 2015, à la sortie de l'audience mercredi au procès du logeur de deux jihadistes, a-t-on appris jeudi auprès du parquet général de Paris.

Quelques minutes après la fin de l'audience, Sarah Z., qui venait de témoigner, est revenue, paniquée et en larmes, devant la salle, avant d'être prise en charge par une psychologue, a constaté mercredi une journaliste de l'AFP.

Selon son avocate, Corinne Herrmann, elle venait de subir des "menaces de mort" de la part de Jawad Bendaoud, jugé en appel depuis le 21 novembre pour avoir logé deux jihadistes des attaques du 13 novembre 2015. Mais celui-ci nie catégoriquement avoir proféré des menaces contre la jeune femme.

Le parquet général, qui a été saisi de l'incident, l'a transmis au parquet de Paris pour ouverture d'enquête.

Sarah Z. a déposé plainte pour violences sur partie civile "à cause de sa déposition devant une juridiction nationale", a indiqué le cabinet Seban, dont fait partie Me Herrmann. Jawad Bendaoud lui aurait dit: "T'inquiète pas, je vais te retrouver. (...) Si je suis condamné, tu vas voir ce que je vais te faire".

Mais le prévenu dément avoir tenu de tels propos. "Je n'aurais jamais dit ça à une victime", a-t-il affirmé à l'AFP. Son avocat, Xavier Nogueras, "conteste l'intégralité des propos qui sont prêtés à Jawad Bendaoud". "C'est une stratégie du cabinet Seban pour instrumentaliser le cours du procès", a-t-il accusé. Jawad Bendaoud va déposer plainte pour "dénonciation calomnieuse", a affirmé l'avocat.

A la reprise du procès, jeudi, le président de la cour d'appel qui juge Jawad Bendaoud a mentionné cet incident. Mais ayant eu lieu hors de l'audience, "je considère qu'il n'a pas à être évoqué ici", a-t-il ajouté.

Sarah Z. a expliqué mercredi qu'elle a été victime, le 13 novembre 2015, de l'attaque jihadiste du Stade de France, "projetée" par l'explosion d'un kamikaze alors qu'elle travaillait dans un café. Puis, habitant à Saint-Denis, elle a suivi de près l'assaut du Raid, contre le squat de Jawad Bendaoud: "J'ai pensé que les jihadistes venaient me chercher", a témoigné la jeune femme.

Le procès reprend vendredi après-midi avec les plaidoiries de la partie civile.