Les opérations de vote à nouveau prolongées en Iran

Les bureaux de vote ont ouvert vendredi en Iran pour une élection présidentielle en forme de duel entre le président sortant Hassan Rohani et son rival du camp conservateur Ebrahim Raisi, au terme d'une campagne particulièrement tendue. /Photo prise le 17 mai 2017/REUTERS/TIMA

DUBAI (Reuters) - L'heure de fermeture des bureaux de vote en Iran a été repoussé une deuxième fois pour une période de deux heures vendredi afin de permettre aux Iraniens de se rendre aux urnes et choisir entre le président sortant Hassan Rohani et son rival conservateur Ebrahim Raisi.

Les bureaux demeureront ouverts jusqu'à 22h00 (17h30 GMT) afin de répondre "à un afflux d'électeurs", a annoncé le ministère iranien de l'Interieur cité par la télévision locale.

Iniatilement les opérations électorales devaient se dérouler de 08h00 à 18h00. Une première prolongation de deux heures a été ordonnée en milieu d'après-midi, puis une seconde en début de soirée.

Aux alentours de 17h00 (12h30 GMT), quelque 20 millions d'électeurs, sur les 56 millions appelés à voter, avaient déposé un bulletin dans l'urne.

Le dépouillement débutera à minuit et les résultats définitifs sont attendus 24 heures après la fermeture des bureaux, rapporte l'agence de presse Fars. Des élections municipales se déroulent en parallèle.

Le guide suprême de la Révolution, l'ayatollah Ali Khamenei, a appelé les Iraniens à se mobiliser.

"Tout le monde doit voter lors de cette importante élection (...), voter aux premières heures", a déclaré Ali Khamenei à la télévision publique, après avoir voté à Téhéran. "Le sort du pays est déterminé par le peuple."

Le résultat de la présidentielle pourrait déterminer si le retour de Téhéran dans le concert des nations à la faveur de l'accord sur le nucléaire de juillet 2015 est appelé à s'accélérer ou si, au contraire, il va connaître un coup de frein avec l'arrivée d'un conservateur à la tête du pays.

Depuis 1989, les trois prédécesseurs de Hassan Rohani ont tous exercé deux mandats consécutifs.

SUCCESSEUR DE KHAMENEI ?

Mais cette fois, le chef de l'Etat sortant, 68 ans, considéré comme un modéré et un pragmatique, doit faire face à un adversaire de taille en la personne d'un dirigeant religieux fondamentaliste de 56 ans, qui a apparemment le soutien des puissants Gardiens de la Révolution.

"Des Gardiens de la Révolution aux chefs des prières du vendredi, le camp conservateur, la classe dirigeante non élue, soutient Raisi", commente un ancien haut responsable iranien.

"Mais c'est une décision risquée. Cela pourrait déclencher des manifestations similaires à celles de 2009 car différentes parties de la société, qui souhaitent une évolution de la classe dirigeante, ont uni leurs forces contre Raisi."

Ebrahim Raisi est l'un des quatre juges islamiques qui avaient ordonné l'exécution de plusieurs milliers de prisonniers politiques en 1988. Son nom est mentionné comme possible successeur d'Ali Khamenei, qui aura 78 ans en juillet.

Les détracteurs du président sortant reprochent à Hassan Rohani son incapacité à redresser une économie affaiblie par plusieurs décennies de sanctions. Des accusations de corruption ont été en outre lancées durant la campagne.

Le taux officiel de chômage s'établissait l'an dernier autour de 12,5% de la population active, selon des données publiées à l'automne par l'institut iranien de la statistique.

Nombre d'Iraniens estiment en outre que l'accord de 2015 avec les grandes puisssances occidentales sur une levée des sanctions internationales en échange de concessions de Téhéran sur son programme nucléaire n'a pas permis de créer les emplois et la croissance attendus, ni d'attirer les investissements étrangers que promettait le président Rohani.

L'économie a été un enjeu majeur de la campagne électorale et Ebrahim Raisi a cherché à attirer à lui le vote des classes défavorisées en promettant de créer des millions d'emplois.

Cinquante-six millions d'Iraniens, sur 80 millions d'habitants, sont inscrits sur les listes électorales.

Si aucun candidat ne passe la barre des 50% des suffrages exprimés, blancs compris, un second tour sera organisé vendredi prochain.

(Parisa Hafezi et William Maclean, Jean-Stéphane Brosse avec Eric Faye pour le service français, édité par Gilles Trequesser)

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