Ours abattu en Ariège: la présidente du département appelle à la loi du silence

Justine Chevalier
Cette photo publiée sur le compte Twitter de la ministre Elisabeth Borne le 9 juin 2020, montre un ours abattu en Ariège - Handout © 2019 AFP

“Que la montagne reste muette.” La présidente du Conseil départemental de l’Ariège, Christine Téqui, ne décolère pas face à la récompense proposée par l’ONG Sea Shepherd en échange d’informations qui pourraient permettre d’identifier l’auteur des coups de feu ayant tué un ours dans les Pyrénées au début du mois de juin. L’élue appelle au silence.

“Quitte à ce que la mort de cet ours figure dans la rubrique des meurtres non élucidés, je souhaite que les Ariégeoises et les Ariégeois démontrent qu’ils ne peuvent pas être achetés, car ils ne sont pas à vendre”, écrit Christine Téqui dans un communiqué.

Abattu de plusieurs balles

Un jeune ours a été retrouvé mort mardi 9 juin dans une zone escarpée de haute montagne, sur la commune d'Aulus-les-Bains, près de la station de ski de Guzet en Ariège, abattu de plusieurs balles. L’autopsie, pratiquée dès le lendemain à Toulouse, a confirmé les premières constatations. Une enquête a été ouverte par le procureur de Foix pour “destruction non autorisée d'une espèce protégée”.

L’Etat, par la voix de la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne, a annoncé qu’il porterait plainte, à la suite de la découverte du jeune mâle. Les associations de défense des animaux ont précisé les mêmes intentions. Afin d’accélérer l’enquête, Sea Shepherd a promis une récompense de 10.000 euros, passée à 30.000 en quelques jours. 

“Pompe à fric”

Reconnaissant que ce système de récompense est “peu courant en France”, l’ONG assure avoir reçu des dons de particuliers permettant de faire grimper la récompense. “Cela veut bien dire que les gens en ont marre que quelques-uns s'octroient le droit de détruire le peu qu'il reste de vie sauvage et que justice ne soit jamais rendue", déclarait la présidente de Sea Shepherd dans un communiqué. 

La présidente du conseil général de l’Ariège y voit, elle, non pas un désir de justice, mais “un jeu qui consiste simplement à alimenter leur ‘pompe à fric’”. “Que la montagne reste muette. C’est la meilleure réponse qui peut être apportée à ceux qui pensent que tout s’achète sans se soucier de la haine et de la violence que leur initiative va engendrer”, conclut Christine Téqui.

Les “pro-ours” ont annoncé une “marche blanche” ce samedi à 10 heures, à Foix. Un rassemblement qui a été interdit par un arrêté de la préfecture de l’Ariège. La préfecture craint que cette manifestation crée “des tensions entre les partisans de la réintroduction de l’ours et ses opposants”, a expliqué à France Info la préfète de l’Ariège.

Article original publié sur BFMTV.com