Ouragans, cyclones, typhons : de quoi parle-t-on ?

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Le cyclone est l’une des plus spectaculaires perturbations météorologiques sur la planète. Selon les endroits, ce phénomène climatique est appelé ouragan, typhon ou hurricane. Tous les ans, une dizaine de cyclones causent d’énormes dégâts matériels et de nombreuses victimes dus aux vents extrêmes, aux fortes précipitations et aux vagues de plusieurs dizaines de mètres. On se souvient de la violence de l’ouragan Katrina à La Nouvelle-Orléans en 2005 ou encore Irma qui a dévasté les Antilles et la côte est des États-Unis en 2017.

Comment se forme un cyclone ?

Ces violentes perturbations atmosphériques se forment uniquement dans les zones tropicales, au-dessus de l’océan pendant la saison estivale lorsque la température de l’eau à la surface varie autour de 28 à 29 degrés Celsius. Dans l’hémisphère Nord, cette saison correspond à la période entre le mois de juillet et la fin octobre et dans l’hémisphère Sud entre novembre et mai.

L’apparition d’un cyclone tropical est un phénomène isolé sans influence des pressions atmosphériques comme c’est le cas en Europe lorsque les nuages et la pluie arrivent par l’ouest et progressent lentement vers l’est du continent. Dans le cas de la dépression tropicale, lorsque la température de l’eau en surface est élevée et commence à s’évaporer en grande quantité, cette humidité part dans l’atmosphère. Puis en altitude, la température baisse et la vapeur se condense et se transforme en nuages. Grâce à la force de Coriolis (trajectoire des masses d’air poussé par la rotation terrestre), les nuages commencent à tourner sur eux-mêmes formant un grand tourbillon qui, au fur et à mesure de sa progression au-dessus de l’océan, peut augmenter en volume et en puissance. Ainsi, dans l’hémisphère Nord, les cyclones tournent dans le sens contraire des aiguilles d’une montre et, dans l‘hémisphère Sud, dans l’autre sens.

La taille d’un cyclone peut atteindre un diamètre allant de 500 jusqu’à même 1 000 kilomètres selon la quantité de nuages qui tournent autour du centre. Ce centre, nommé « l’œil de cyclone » peut mesurer de 30 à 150 kilomètres de diamètre. À cet endroit, la pression est élevée et représente une zone d’accalmie avec l’absence de pluie et des vents. Au contraire, tout autour de « l’œil de cyclone » se trouve le « mur », où se massent les gros nuages - les cumulonimbus - produisant les effets les plus dévastateurs avec des vents allant jusqu’à 300 km/h et des précipitations diluviennes de l’ordre de 1 à 2 m de pluie, parfois seulement en 24 heures. Finalement, les cyclones s’affaiblissent considérablement quand ils arrivent au-dessus de la terre ferme : ils ne sont plus alimentés en eau évaporée venant des océans chauds. Pour cette raison, les plus grands dégâts provoqués se situent sur les îles ou dans les régions côtières pour la plupart du temps.

Les classifications des ouragans

Les scientifiques qui étudient le phénomène des cyclones depuis plusieurs dizaines d’années ont établi une classification bien précise selon la vitesse des vents. L'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique, la NOAA possède les meilleurs outils modernes pour mesurer la vitesse des vents ou la vitesse de déplacement d’un cyclone, ce qui a permis d’établir une échelle de 1 à 5, appelée Saffir-Simpson, pour catégoriser les ouragans de la zone de l’Atlantique Nord.

Au-dessous de 63 km/h, il s’agit d’une dépression tropicale. Jusqu’à la vitesse de 118 km/h, un cyclone est considéré comme une tempête tropicale susceptible de provoquer peu de dégâts. Puis, à partir de 118 km/h la tempête tropicale se transforme en cyclone sur 5 niveaux. Parallèlement, dans la zone de l’océan Indien et dans le Pacifique du sud-ouest, la classification des cyclones est légèrement différente :

La catégorie 5 est plutôt rare, mais au début du mois de septembre 2017, l’ouragan Irma a atteint cette catégorie maximale quand le Centre américain des ouragans, le NHC a émis l’alerte générale pour toute la zone des Caraïbes avertissant qu’il s’agissait d’un ouragan extrêmement dangereux et demandant l’évacuation ou le confinement de la population dans certaines zones.

Les noms des ouragans

Dès le XVIIIe siècle, les météorologues commencent à donner des noms aux différents cyclones afin de mieux les répertorier et les différencier. Au début du XXe siècle, le météorologue australien Clement Lindley Wragge décide d’utiliser les noms des hommes politiques pour nommer les ouragans : James Drake, Edmund Barton et Alfred Deakin. Puis, après la Seconde Guerre mondiale, les scientifiques commencent à utiliser des prénoms féminins, choisissant souvent les prénoms de leurs propres épouses ou compagnes. Depuis 1979, au début de chaque année, le NHC établit une liste de prénoms féminins et masculins qui seront donnés aux cyclones de la saison.

La surveillance et les prévisions

La surveillance des phénomènes cyclonique s’effectue au niveau international. L’Organisation météorologique mondiale a créé six centres régionaux de surveillance dans les zones tropicales. À Miami, c’est le NHC (National Hurricane Center) qui surveille l’Atlantique Nord et le Pacifique Nord-Est. La zone du Pacifique Nord-Ouest est confiée à la JMA (Japan Meteorological Agency), dont le siège est à Tokyo. À Honolulu, c’est le CPHC (The Central Pacific Hurricane Center) qui observe les ouragans du Pacifique central, alors que les agences météorologiques de l’Inde et des Fidji analysent les données dans la région du golfe du Bengale, de la mer d'Oman, des îles Fidji et du Pacifique Sud-Ouest. En France, c’est à Saint-Denis de La Réunion que Météo-France surveille la zone du sud-ouest de l’océan Indien.

Depuis une vingtaine d’années, des scientifiques ont fait des grands progrès dans le domaine de l’observation et de l’analyse des cyclones, notamment grâce à l’imagerie satellite. La technologie numérique a permis de mieux suivre la trajectoire et la puissance des ouragans et de créer les modèles de prévisions capables de prévoir leur intensité, la direction et la durée.

Ces dernières années, les ouragans sont devenus plus dévastateurs et plus fréquents. Même s’il reste difficile d’établir un lien direct entre le réchauffement climatique et le plus grand nombre de cyclones dans le monde, les scientifiques estiment que le changement climatique global influe sur les conditions d’émergence des ouragans « monstres » avec une intensité de plus en plus élevée.

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