Oumou Sangaré La madone malienne veille au grain

Libération.fr

Connue depuis 1989 pour ses textes abordant les sujets de société qui secouent son pays, la chanteuse vient de changer de label pour son nouvel album «Mogoya», dans lequel elle poursuit sans relâche son engagement en faveur des plus démunis.

Haut perchée sur ses talons, elle en impose. A la ville comme sur scène. Un bon mètre quatre-vingts surmonté d’une crinière décolorée, nez percé et ongles taillés, Oumou Sangaré n’est pas du genre à garder sa langue dans sa poche, ni du style à se laisser marcher sur ses boots, qu’on lui a connues bien pointues. L’hiver dernier, elle confiait à Libération : «L’Africain perd sa valeur. Avant, il n’y avait pas besoin de contrat pour respecter ses engagements. Aujourd’hui, tout cela est menacé, et j’ai le sentiment que nous perdons en dignité. Il faut conserver ce savoir que nous ont légué nos parents. Quand on a la chance d’avoir une parole qui porte, il faut dire des choses qui éduquent et participent au débat public. C’est pour cela que chacun de mes disques est un événement au Mali : le public attend ce que je vais bien pouvoir raconter !» Le rire qui suit ne doit pas masquer l’intention première : en baptisant son nouveau recueil Mogoya (qu’elle traduit par «l’humanité») et en plaçant dès l’ouverture Bena Bena («l’ingratitude»), la chanteuse indique à tous ceux qui veulent l’entendre qu’elle n’est pas prête à composer avec ces maux qui gangrènent la planète.

Superbe madone, la Malienne est avant tout une redoutable amazone, qui sut vite trancher dans le vif de sujets qui posent soucis, notamment contre les mariages d’intérêt, forcés. Ces prises de paroles explicites l’ont imposée comme le porte-voix d’une jeunesse en crise d’identité dans un pays alors soumis aux injonctions des restructurations du Fonds monétaire international. Elle évoquera ainsi régulièrement le mirage de l’immigration, mal endémique d’un pays qui, pour être un riche vivier musical, n’en vit pas moins depuis trop longtemps sous le seuil de dignité (...)

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