Ouganda: les autorités déploient un important dispositif sécuritaire pour les élections

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À la veille des élections présidentielle et législatives en Ouganda, des centaines de soldats patrouillent dans les rues de la capitale Kampala et de plusieurs villes pour « maintenir l’ordre », affirment les autorités. L’exécutif veut éviter de nouvelles violences, comme celles qui ont secoué le pays en novembre.

Avec notre correspondante à Kampala, Lucie Mouillaud

« Maintenir la paix est un devoir et non pas un service ». C’est par ces mots que le président ougandais Yoweri Museveni s’est adressé à la population mardi, après avoir déployé des véhicules blindés et des centaines de soldats à Kampala, la capitale, et d’autres villes du pays.

Le chef de l’Etat, candidat à sa propre succession, a justifié ce fort dispositif sécuritaire par la nécessité d’éviter de nouvelles violences. En novembre, 54 personnes ont été tuées dans des affrontements avec la police, déclenchées par l’arrestation de son principal rival Bobi Wine.

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Yoweri Museveni rejette la responsabilité sur les leaders de l’opposition qui, selon lui, auraient incité des jeunes manifestants à commettre des violences. Ce jeudi, le président dit ne vouloir prendre aucun risque. Il a donc demandé à l’armée de sécuriser la capitale et à la police de surveiller les toits des maisons et des bâtiments pour faire face à d’éventuelles attaques par des tireurs embusqués.

Les opérations de maintien de l’ordre sont assurées par deux des commandants les plus expérimentés du pays, deux spécialistes de la guérilla urbaine. Un choix qui donne l’impression que tout le pays s’est transformé en zone de conflit.

Ce fort déploiement militaire ajoute au climat déjà tendu après la suspension mardi de l'accès à plusieurs réseaux sociaux, dont Facebook, Twitter et WhatsApp, accusés d'interférences dans le débat public.

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