Les Ouïghours de Turquie s'inquiètent du traité signé entre Ankara et Pékin

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Pékin vient de ratifier un traité avec la Turquie qui autoriserait Ankara à renvoyer en Chine certains Ouïghours qu’elle considère comme terroristes. Très implantée en Turquie, la communauté ouïghoure s'inquiète.

Avec notre correspondante à Istanbul, Cerise Sudry-Le Dû

Ils sont environ 50 000 Ouïghours à vivre en Turquie. À Istanbul, certains d’entre eux se réunissent chaque jour devant le consulat chinois pour demander des nouvelles de leurs proches disparus. Des frères, des mères, des oncles disparus…

Ils sont à peine une petite trentaine mais les histoires qu’ils racontent sont à chaque fois dramatiques. Medine est l'une d'entre eux. Elle est sans nouvelles de sa sœur Mesude depuis quatre ans.

« À cause des problèmes de santé de ma mère, ma sœur est retournée en Chine et elle n’est jamais revenue. Est-ce qu’elle est vivante ? En bonne santé ? Est-ce que le gouvernement chinois a prélevé ses organes ? Ma mère est morte il y a trois mois et elle ne le sait pas », témoigne la jeune femme.

Malgré la nationalité turque des deux sœurs, acquise après plusieurs années d'études à Istanbul, le gouvernement chinois ne donne aucune nouvelle, ni de Mesude ni de sa fille qui a désormais 4 ans. Pas même à l’ambassade turque. « Une fois, un ami m’a envoyé une photo. Mais si on les appelle ou qu’ils cherchent à nous joindre, le gouvernement chinois les arrête », explique Medine. « Peut être que le gouvernement chinois va faire une liste, pour réclamer les gens d’ici. Certains sont condamnés juste parce qu’ils ont étudié en Turquie ! »

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La prochaine réunion du Parlement turc se tiendra le 26 janvier. Pour le moment, impossible de savoir si le traité ratifié avec la Chine est à l’ordre du jour.