Ouïghours: Enquête en France contre quatre firmes textiles pour recel de crimes contre l'humanité

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OUÏGHOURS: ENQUÊTE EN FRANCE CONTRE QUATRE FIRMES TEXTILES POUR RECEL DE CRIMES CONTRE L'HUMANITÉ

PARIS (Reuters) - Le Parquet national antiterroriste français (Pnat) a ouvert une enquête contre quatre entreprises du secteur du textile pour recel de crimes contre l'humanité, une procédure en lien avec les soupçons de travail forcé subi par les membres de la communauté musulmane des Ouïghours dans la province chinoise du Xinjiang, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

Cette source a déclaré à Reuters que l'enquête visait Uniqlo France, propriété du japonais Fast Retailing, Inditex, qui possède notamment Zara, SMCP et Skechers, confirmant une information rapportée en premier lieu par Mediapart.

"Une enquête a effectivement été ouverte par le pôle crimes contre l'humanité du parquet antiterroriste à la suite d'un dépôt de plainte. Cette enquête est ouverte pour recel de crimes contre l'humanité", a dit la source.

Des ONG ont déposé en avril une plainte contre ces entreprises pour "recel de crime de réduction en servitude aggravée", "recel de crime de traite des êtres humains en bande organisée" ou "recel de crime de génocide et de crime contre l'humanité".

Inditex, qui dit avoir pris connaissance par voie de presse de l'ouverture de l'enquête, nie les accusations. Le groupe a déclaré qu'il contestait "fermement les qualifications pénales qui semblent visées par cette plainte."

"Inditex rappelle que des contrôles de traçabilité rigoureux sont menés au sein du groupe. Ils ont permis de vérifier que les allégations provenant de cette plainte sont infondées. Il coopérera, pour l'établir, avec les autorités judiciaires françaises."

Les Etats-Unis accusent la Chine de génocide et de crimes contre l'humanité dans la région du Xinjiang, citant la détention de plus d'un million de personnes, principalement issues de minorités musulmanes, dans des camps de travail forcé. Pékin nie ces accusations.

En mars, plusieurs pays et l'Union européenne ont imposé des sanctions contre des représentants chinois pour atteintes aux droits de l'homme dans le Xinjiang.

(Tangi Salaün et Jean Terzian, édité par Bertrand Boucey)

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