Ouïghours: crimes contre l'humanité, violences sexuelles… le rapport explosif de l'ONU contre la Chine

Le drapeau chinois flotte au-dessus d'un bâtiment à Yangisar, dans la province du Xinjiang en Chine, le 4 juin 2019 - GREG BAKER / AFP
Le drapeau chinois flotte au-dessus d'un bâtiment à Yangisar, dans la province du Xinjiang en Chine, le 4 juin 2019 - GREG BAKER / AFP

"L'ampleur de la détention arbitraire et discriminatoire de membres des Ouïghours et d'autres groupes à prédominance musulmane (...) peut constituer des crimes internationaux, en particulier des crimes contre l'humanité", indique l'ONU dans un rapport publié dans la nuit de mercredi à jeudi.

Michelle Bachelet, dont c'était le dernier jour à la tête du Haut-Commissariat après un mandat de quatre ans, tient ainsi in extremis sa promesse en publiant le document peu avant minuit à Genève.

S'il ne semble pas comporter de révélations par rapport à ce qui était déjà connu de la situation dans le Xinjiang, ce document apporte le sceau de l'ONU aux accusations portées de longue date contre les autorités chinoises.

Sa publication avait fait l'objet de pressions intenses de ceux qui voulaient le rendre public et, à l'inverse, pour l'empêcher de voir la lumière du jour de la part de Pékin, qui considère le rapport comme une "farce" orchestrée par les Occidentaux, Washington en tête.

"Les violations massives des droits fondamentaux"

Dans ce document, l'ONU a appelé la communauté internationale à agir d'urgence face aux accusations de torture et de violences sexuelles dans le Xinjiang que l'organisation juge "crédibles".

"Les allégations faisant état de pratiques récurrentes de la torture ou des mauvais traitements, notamment de traitements médicaux forcés et de mauvaises conditions de détention, sont crédibles, tout comme le sont les allégations individuelles de violences sexuelles et fondées sur le genre", écrit le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme dans le rapport.

Ce rapport "met à nu, les violations massives des droits fondamentaux par la Chine", a déclaré Sophie Richardson, directrice de l'ONG Human Rights Watch pour la Chine.

Le conseil des droits de l'homme de l'ONU "devrait utiliser ce rapport pour lancer une enquête exhaustive sur les crimes contre l'humanité du gouvernement chinois", estime t-elle. Amnesty International exige aussi que le Conseil "mette sur pied un mécanisme indépendant international pour enquêter" sur ces crimes au Xinjiang.

"L'heure de rendre des comptes sonne maintenant"

"Ce rapport ouvre la voie à des actions sérieuses et tangibles des Etats membres, des agences de l'ONU et des entreprises", s'est réjoui Dolkun Isa, président du Congrès mondial Ouïghour et d'ajouter: "L'heure de rendre des comptes sonne maintenant".

La Chine est donc furieuse. Le document est basé "sur la désinformation et des mensonges fabriqués par les forces anti-chinoises" et "diffame et calomnie gratuitement la Chine et s'immisce dans les affaires intérieures de la Chine", écrit l'ambassade de Chine auprès de l'ONU à Genève dans le commentaire attaché au rapport

Article original publié sur BFMTV.com