Ouïghours: à Paris, une «marche contre le génocide» rassemble près de 2000 personnes

·2 min de lecture

Ce samedi 2 octobre à Paris, près de 2 000 manifestants ont participé à une « marche contre le génocide ouïghour ». Délégations de la diaspora venues de toute l'Europe, rescapés des camps, députés et défenseurs des droits humains ont battu le pavé ensemble pour dénoncer la répression de la minorité ouïghoure et d'autres minorités turciques et musulmanes en Chine, dans la région autonome du Xinjiang. Parmi eux, beaucoup de jeunes, qui se mobilisent sur les réseaux sociaux et boycottent des produits issus du travail forcé. Plusieurs rapports ont démontré que plus de 500 000 Ouïghours sont envoyés dans les champs de coton et dans des usines pour y travailler de force.

« On avait dit plus jamais ça », « Génocide en cours, Zara complice », scandent les manifestants. En première ligne, Gülbahar Jalilova en habits traditionnels bleu ciel. D’une main, elle tient une bannière qui dénonce l’internement de millions de Ouïghours. De l’autre, cette rescapée des camps essuie ses larmes.

« Je suis émue, confie-t-elle. Il faut que la France reconnaisse les crimes génocidaires commis par la Chine. J’ai été enchaînée pendant un an, trois mois et dix jours. J’ai été torturée et violée, moi et mes codétenues. C’est pour elles que je suis là. »

Gabriela 26 ans, en jeans et baskets, veut, elle aussi, briser le silence. Sur sa pancarte, ces mots : « Ne fermons pas les yeux ».

« On a tous appris à l'école le génocide juif, rappelle-t-elle. Et on nous a vraiment dit qu'il fallait se souvenir et ne pas faire les mêmes erreurs. Aujourd'hui, la même erreur est commise et tout le monde ferme les yeux. »

À lire aussi : La France va-t-elle reconnaître le «caractère génocidaire» de la politique chinoise au Xinjiang ?

« J'essaie de boycotter au maximum les marques »

Comme Gabriela, Victoria, 18 ans, a découvert sur les réseaux sociaux que des centaines de milliers de Ouïghours sont réduits en esclavage au profit de grandes marques internationales.

« Sur mon affiche, explique-t-elle, il y a écrit : "Zara, Uniqlo, Nike, complices d'un génocide, arrêtons-le !" J'essaie de boycotter au maximum les marques, de ne pas acheter leurs produits. »

Pas question pour elle de porter des baskets Nike ou un T-Shirt fabriqué avec du coton récolté au Xinjiang. Ce combat pour l'interdiction de produits issus d'esclavage est porté aussi par l'eurodéputé Raphaël Glucksmann.

L’Union européenne a promis de bannir ces produits du marché européen. Mais rien n’est encore fait.

À lire également : Travail forcé des Ouïghours: enquête ouverte en France contre quatre géants du textile

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles