Otan: la Turquie et la Grèce annulent des exercices militaires en Méditerranée orientale

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La Grèce et la Turquie ont annulé des exercices militaires prévus en Méditerranée la semaine prochaine à la demande de l'Otan pour apaiser les tensions entre les deux pays, a annoncé vendredi 23 octobre le secrétaire général de l'Allliance.

Ankara a accepté, en même temps qu’Athènes, d’annuler des exercices militaires prévus en Méditerranée la semaine prochaine. Un petit pas pour l’Otan dans l’épineux dossier des tensions en Méditerranée orientale. « Je salue cette décision. C'est un pas dans la bonne direction. Il va permettre de réduire les risques d'accidents et peut servir de base pour les efforts menés par l'Allemagne pour résoudre les contentieux (territoriaux) entre les deux pays », a déclaré Jens Stoltenberg à l'issue d'une réunion des ministres de la Défense de l'Alliance.

L'Otan avait condamné la veille l'escalade des tensions entre la Turquie et la Grèce en Méditerranée orientale et demandé aux deux pays membres de l'Alliance de respecter le droit international pour résoudre leurs différends. La Grèce accuse la Turquie de violer le droit maritime international en menant des explorations gazières dans une zone disputée par les deux pays.

Jens Stoltenberg a renouvelé vendredi son appel aux dirigeants des deux pays à « éviter les paroles et les actes susceptibles d'aggraver les tensions ». Le secrétaire général s'est personnellement impliqué pour calmer le jeu entre Ankara et Athènes. Il a proposé jeudi un moratoire pour les exercices militaires prévus par les deux pays à l'occasion de leurs fêtes nationales et a obtenu vendredi leur accord, a-t-on expliqué de source diplomatique.

Fin août les tensions entre la Grèce et la Turquie était si fortes que le ministre allemand des Affaires étrangères avait estimé que « la moindre étincelle peut désormais conduire à la guerre ». Il s’agit donc d’une avancée dans les relations entre la Turquie et l’Otan. Néanmoins, une nouvelle source de tension est apparue entre Ankara et les pays occidentaux.

Test de missiles russes S-400

Le ministère américain de la Défense a condamné « dans les termes les plus forts » le test effectué le 16 octobre par la Turquie du système de défense aérienne S-400, a indiqué un porte-parole du Pentagone. « Un système S-400 opérationnel n'est pas compatible avec les engagements pris par la Turquie en tant qu'allié des Etats-Unis et de l'Otan », a-t-il ajouté. « Nous nous opposons à ce que la Turquie teste ce système, cela risque d'avoir des conséquences graves pour nos relations de défense », a averti Jonathan Hoffman.

Selon des médias turcs, Ankara avait effectué le 16 octobre le premier essai des S-400. Ce test a été officiellement confirmé vendredi pour la première fois par le président turc Erdogan. « Ces tests, il est vrai, ont été effectués et vont continuer », a affirmé le chef de l'Etat turc à des journalistes à Istanbul. « On ne va pas demander l'avis des Etats-Unis pour cela ».

Malgré donc le signe d'ouverture d'Ankara avec l'annulation des exercices militaires en Méditerranée, le test de missiles russes constitue une source de tension dans un dossier sensible et donne l'impression que la Turquie souffle en même temps le chaud et le froid.

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