"OSS 117 3" diffusé à Cannes: comment Bedos et Dujardin ont relevé le défi de cette suite

·3 min de lecture
Nicolas Bedos et Jean Dujardin sur la Croisette - BFMTV
Nicolas Bedos et Jean Dujardin sur la Croisette - BFMTV

Il sera bientôt de retour. Hubert Bonisseur de La Bath, l'espion un peu crétin campé par Jean Dujardin dans la saga OSS 117, retrouvera les salles obscures le 4 août prochain avec un troisième volet réalisé par Nicolas Bedos, Alerte Rouge en Afrique noire. Avant d'être présenté au public après de multiples reports à cause du coronavirus, le film sera projeté ce samedi à Cannes pour clore le festival. À cette occasion, le réalisateur et l'acteur se sont confiés à BFMTV sur la Croisette. Ce dernier a évoqué ses retrouvailles avec le personnage, 11 ans après le précédent film:

"Le scénario est sorti, ça donnait envie. Et puis Nicolas est entré dans l'aventure. Et c'est pertinent, on s'amuse, il y a du talent autour. C'est une construction très horizontale les OSS, il y a des producteurs, un auteur, un metteur en scène, des acteurs, et tout ça a fonctionné. Donc forcément, le plaisir est venu quand c'est devenu concret."

Et Jean Dujardin s'est instantanément fondu le personnage qu'il a incarné il y a plus d'une décennie, d'après Nicolas Bedos: "C'est assez fascinant de regarder le rapport de Jean avec ce personage", raconte-t-il. "Il a l'oeil qui change, une lueur très particulière, la voix qui se met en place... c'est très joyeux de le voir heureux d'enfiler ce costume-là."

Nouveau réalisateur, même esprit

Avec OSS 117: Alerte rouge en Afrique noire, le cinéaste reprend le flambeau de Michel Hazanavicius, réalisateur des deux premiers volets. Un défi qu'il a relevé sans chercher à "mettre sa patte":

"J'ai cherché à filmer et mettre en scène le mieux que je pouvais ce scénario, à diriger du mieux que je pouvais ces comédiens. Parfois en ne les dirigeant pas d'ailleurs, parce que Jean connaît son Hubert par coeur (...) J'ai voulu faire ça au mieux."

Hubert Bonisseur de La Bath y reste fidèle à lui-même: un peu raciste, un peu misogyne, globalement réactionnaire. La recette qui a fait le succès des deux premiers films en présentant un héros benêt, satisfait de convictions qu'il ne remet jamais en question: "Il faut toujours trouver ce comparatif entre l'époque qui bouge et lui, qui reste dans sa crétinerie", analyse Jean Dujardin. Un paradoxe sans doute encore plus actuel à une époque où les questions de genre, d'inégalités femmes-hommes et d'injustice sociale sont au coeur du débat:

"En filigrane, il y a le portrait d'un homme qui s'en prend plein la gueule", explique Nicoals Bedos. "C'était intéressant de le confronter à la féminisation des hommes dans les fringues, de le confronter à l'arrivée de la gauche au pouvoir, à l'évolution des moeurs..."

Eté incertain pour les cinémas

Les deux artistes ont également évoqué l'obstacle que le Covid a représenté pour le film, et les inquiétudes du monde du cinéma face au pass sanitaire qui risque de limiter les entrées dans les salles:

"Il y a des débats, des anxiétés, on ne va pas se mentir. Hier j'étais dans un dîner organisé par Thierry Frémaux, le délégué général du Festival de Cannes, et on n'a parlé que de ça, avec le directeur du CNC, des réalisateurs, des comédiens qui ont des films qui vont sortir prochainement."

"Ce n'est pas l'inquiétude majeure des français et je les comprends, l'inquiétude majeure se situe plutôt dans les hôpitaux", a-t-il poursuivi. "Mais quand on est passionné par quelque chose et qu'on a travaillé si longtemps sur un objet artistique on ne peut pas ne pas avoir envie de le défendre (...) Oui, on se demande s'il va être sorti dans de bonnes conditions pour pouvoir accéder à tous ceux qui veulent le voir."

Article original publié sur BFMTV.com

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles