Oscars. Le documentaire "La sagesse de la pieuvre" décrypté par une éthologue

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Le documentaire "La sagesse de la pieuvre", disponible depuis le 7 septembre 2020 sur Netflix, est nominé pour l'Oscar du meilleur documentaire. Anne-Sophie Darmaillacq, éthologue, a répondu à nos questions concernant ces fascinants animaux.

Dans le documentaire "My octopus teacher : la sagesse de la pieuvre", Craig Foster, le narrateur, nous y conte, belles images à l'appui, la relation qu'il est parvenu à tisser avec une pieuvre, un animal à la fois fascinant et intrigant. Alors que le long-métrage est nominé pour l'Oscar du meilleur documentaire, Anne-Sophie Darmaillacq, éthologue spécialisée sur les céphalopodes à l'Université de Caen-Normandie, le décrypte pour Sciences et Avenir.

Sciences et Avenir : Que pensez-vous de ce documentaire ?

Anne-Sophie Darmaillacq : En tant que citoyenne lambda, je suis très friande de ce type de documentaires : on y voit de très belles prises de vues et une jolie histoire nous est racontée. En revanche, en tant que scientifique, je suis plus partagée : l’histoire est un peu trop belle et très anthropocentrée. Mais j’ai apprécié ce documentaire pour son approche de terrain que nous ne pouvons que rarement mettre en œuvre car elle est très coûteuse en temps et en moyens. Et c’est beau de voir l’animal dans son milieu naturel, avec toute cette biodiversité, comme les forêts de kelps ! Je comprends tout à fait que ce film ait eu une nomination : c’est un beau documentaire même si scientifiquement, il n’apporte pas d'élément que l’on ne connaisse déjà sur les céphalopodes.

Le narrateur, Craig Foster, prête beaucoup de sentiments humains à la pieuvre. Qu'en pensez-vous ?

En fait, le narrateur se crée surtout une histoire avec le poulpe (les termes "poulpes" et "pieuvres" sont synonymes, ndlr). Cette relation existe probablement : pour pouvoir l’approcher et le suivre comme il le fait, Foster a dû s'intégrer à l’environnement de l’animal et faire en sorte que celui-ci n’ait pas peur de lui. Mais je ne pense pas que l’on puisse parler d’une amitié réciproque. Foster s’est attaché à l’animal parce que l’humain a cette disposition à créer du lien, à ressentir de l’amitié pour un autre individu. Pour le poulpe, ce n’est probablement pas le cas : le narrateur n’est sûrement qu’u[...]

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