Oscars 2021 : du Pas-de-Calais à Hollywood, le fabuleux destin du documentaire "Colette"

Elles ont encore du mal à réaliser la nouvelle, le documentaire Colette a décroché la statuette du meilleur film court lors de la prestigieuse cérémonie des Oscars 2021. Elles, ce sont Colette Marin-Catherine et Lucie Fouble. Une ancienne résistante qui vit en Normandie et une jeune historienne originaire du Pas-de-Calais. Un "road movie" émouvant et éprouvant qui réunit les deux femmes sur les traces du frère de Colette, résistant lors de la Seconde Guerre mondiale. Déporté au camp de Dora, en Allemagne, en 1943 et exécuté en mars 1945, Jean-Pierre Catherine n'avait que 19 ans. 25 minutes pour ne pas oublier Pour faire ce long voyage éprouvant et émouvant, l'ancienne résistante, âgée aujourd’hui de 92 ans, accepte de partir en compagnie de Lucie Fouble, une jeune étudiante passionnée d'histoire, bénévole au centre d'Histoire de la Coupole à Helfaut, dans le Pas-de-Calais. Durant 25 minutes, le spectateur suit le périple des deux femmes réunies par l'horreur. "Je me dis que j'avais le même âge que lui et j'ai la chance de vivre dans un monde où on est libre. Ma mission c'est de raconter son histoire", confie Lucie Fouble. Pour la jeune fille, cet Oscar, c'est aussi une manière de réhabiliter la mémoire de Jean-Pierre Catherine et de tous les juifs exterminés lors de la Seconde Guerre mondiale. "La transmission de l'Histoire doit continuer à travers le livre des 9000 déportés de France à Dora", explique encore la jeune chercheuse. Une récompense également saluée par le centre de la Coupole d'Helfaut qui oeuvre pour collecter la mémoire. "Cet honneur va à toutes ces personnes déportées", assure Laurent Thiery, historien et directeur de la Coupole d'Helfaut.Une bénévole de #LaCoupole d'Helfaut dans le documentaire "#Colette", distingué aux #Oscars @FoubleLucie https://t.co/3wln0ZT80h — La Coupole, Centre d'Histoire et Planétarium 3D (@lacoupole62) April 27, 2021Le documentaire "Colette", du réalisateur américain Anthony Giacchino et de la journaliste française Alice Doyard, est disponible sur le site du "Guardian", qui l'a produit.