Orly : une enfant de 11 ans retenue durant 8 jours à l'aéroport

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Arrivée en provenance de Madrid, une fillette de 11 ans, d’origine camerounaise, a été retenue plus d’une semaine, nuit et jour, à l’aéroport d'Orly.

Arrivée en provenance de Madrid le 5 février, une fillette de 11 ans, d’origine camerounaise, a été retenue à l’aéroport de Paris-Orly pendant plus d’une semaine, nuit et jour. La validité de son passeport interrogeait la police aux frontières.

Jordana, 11 ans, se souviendra longtemps de son arrivée à l'aéroport de Paris-Orly, le vendredi 5 février, en provenance de Madrid. Peu après sa descente du vol Iberia 3406, elle fut contrôlée, avec deux autres filles mineures, à la police des frontières. Disposant seulement de 100 euros pour trois, et de passeports guinéens, les jeunes filles vont éveiller les soupçons des forces de l'ordre, rapporte Libération.

Plus de 12 heures par jour dans un espace de 6m2

Si deux des passagères vont finalement être "libérées" et retrouver leurs mères le lendemain, Jordana va quant à elle être retenue à l'aéroport pendant 8 jours. La jeune pré-adolescente, dont la police découvrira qu'elle n'est pas guinéenne mais camerounaise, sera alors placée quotidiennement en zone d'attente de l'aéroport de 7h30 à 20h30, dans un espace minuscule de 6m2.

Des conditions d'attente plutôt traumatisantes pour une fille de cet âge, qui lorsqu'elle le désire, peut prendre l’air. ..dans une minuscule cour entre les bâtiments de l’aérogare, recouverte d’un grillage anti-évasion. Le soir, l'enfant est transférée à l'hôtel Ibis proche de l'aéroport, où un étage entier est réservé aux passagers retenus, et surveillé par les forces de l'ordre.

Une autre solution aurait pu être proposée

Au fil des jours, Jordana, qui dort toute seule dans sa chambre d'hôtel, va devenir mutique et perdre l'appétit, probablement bouleversée par ses conditions d'attente.

Selon Libération, une autre solution aurait pu être proposée "dans l'intérêt de l'enfant", comme le placement dans un foyer de l'ASE (aide sociale à l'enfance) le temps de vérifier son identité. "Dès lors que l’enfant est encore dans l’aéroport, elle demeure dans une zone internationale et peut être reconduite aux frontières. Si elle entre sur le territoire, elle ne peut plus être expulsée", explique Laure Palun, directrice de l'Anafé (association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers).

Le cas de Jordana n'est pas unique

Au bout de 8 jours, l'enfant a pu être remise à sa mère, les documents fournis par cette dernière ayant été jugés recevables. Selon l’Anafé, le cas de Jordana n'est pas unique. Plus de 200 mineurs isolés sont en effet retenus chaque année dans des zones d’attentes, principalement dans les aéroports parisiens de Roissy et d’Orly.

Il y a deux ans, une mère de famille, accompagnée de deux bébés adoptés, avait vu ses enfants placés en zone d’attente alors qu’elle était elle-même autorisée à entrer en France. Elle avait alors demandé à être placée elle-aussi dans cette zone afin de rester auprès de ses bébés.

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