Les origines tumultueuses des tout premiers agriculteurs européens révélées par leur ADN

Il y a environ 10.000 ans, les tout premiers agriculteurs remplacent massivement les chasseur-cueilleurs qui peuplaient jusque là l'Europe. Entre migrations en métissages, des analyses génétiques révèlent les tribulations jusque là inconnues de nos ancêtres.

Métissages, migrations et dérives génétiques jalonnent notre histoire humaine. Venus d’Asie du Sud-Ouest il y a plusieurs milliers d’années, les premiers agriculteurs ne font pas exception. Entre archéologie, génétique et bioinformatique, une collaboration scientifique européenne nous plonge dans les turpitudes de nos origines, où se nouent quasi extinction et mélange des populations.

La dernière ère glaciaire de notre espèce

Il y a 25.000 ans, le continent européen est en grande partie recouvert de glace. Pas de chance pour les humains qui y résident alors, puisqu’ils sont voués à vivre la période la plus froide jamais connue par Homo sapiens. Cette dernière ère glaciaire, appelée par les scientifiques “Dernier Maximum Glaciaire” oblige les Européens d’alors à migrer vers le sud du continent, frôlant l’extinction. Cette parcelle de notre histoire n’est qu’une des découvertes publiées par trois équipes de recherche européennes, réunissant archéologues, anthropologues, généticiens et bioinformaticiens. “C’est cette collaboration qui fait la force de nos travaux”, explique Nina Marchi, co-première autrice de la publication dans la revue , et spécialiste en génétique des populations à l’Institut d’Ecologie et d’Evolution de l’Université de Berne. Face à un ancien fragment d’os, ces chercheurs y ont vu quelque chose de bien plus précieux que le commun des mortels : une machine à remonter dans le temps.

L’agriculture, pratique venue d’Asie

Nous savions que les chasseurs-cueilleurs européens avaient été remplacés il y a environ 9.000 ans par une population d’agriculteurs venus d’Asie du Sud-Ouest", raconte le co-auteur Daniel Wegmann, professeur de Bioinformatique à l’Université de Fribourg. C’est d’ailleurs l’analyse génétique de restes humains de l’époque qui a permis cette découverte : l'ADN des derniers chasseurs-cueilleurs et des premiers agriculteurs était trop différent pour qu’il y ait un lien de parenté récent. Ce n’était donc pas la pratique de l’agricultur[...]

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